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La baisse des capacités d’abattage des transformateurs comme Olymel, lequel transforme 80 % des porcs élevés au Québec, cause des maux de tête aux Éleveurs de porcs du Québec, qui jusqu’ici, n’avaient pas le pouvoir de gérer une décroissance de la production de porcs dans les élevages. Photo : Myriam Laplante El Haïli/Archives TCN

La baisse des capacités d’abattage des transformateurs comme Olymel, lequel transforme 80 % des porcs élevés au Québec, cause des maux de tête aux Éleveurs de porcs du Québec, qui jusqu’ici, n’avaient pas le pouvoir de gérer une décroissance de la production de porcs dans les élevages. Photo : Myriam Laplante El Haïli/Archives TCN

Fin du libre marché en période de déséquilibre

Le libre marché qui faisait loi jusqu’ici dans la production porcine au Québec pourra être temporairement restreint par les Éleveurs de porcs du Québec.

Ceux-ci ont proposé, lors de leur assemblée semi-annuelle tenue à Québec le 11 novembre, un règlement adopté à la majorité qui leur donne plus de pouvoirs pour, notamment, geler la production de porcs et en gérer la décroissance dans les périodes où il y a déséquilibre entre la production et l’abattage. « Ce nouvel outil en est un de dernier recours », a toutefois spécifié Claudine Lussier, directrice de la mise en marché de l’organisation, devant les 150 personnes qui ont participé à l’événement. « On ne vise pas à aller jusque-là, mais c’est important de l’avoir si on est dans l’impossibilité de gérer un volume supplémentaire de porcs », a-t-elle ajouté.

Une gestion des surplus compliquée

L’adoption de ce règlement survient alors que l’organisation est confrontée depuis les derniers mois à une importante baisse des achats de son principal acheteur, Olymel. Le président des Éleveurs, David Duval, a même dit s’attendre à devoir gérer l’exportation de plus de 800 000 porcs en février prochain, ce qui risque de représenter un véritable casse-tête logistique, a-t-il spécifié. « Il y a des solutions, comme le détournement de porcs vers d’autres abattoirs, la vente de porcelets, les places d’allocation de bâtiments. On est aussi en train de mettre en place un programme de rachats. Il y a peut-être d’autres idées qui vont arriver entre-temps », a-t-il énuméré.

M. Duval a néanmoins reconnu qu’à un certain point, les solutions manquent pour écouler tous les surplus sans pertes financières. Ce nouveau règlement donnera donc aux Éleveurs une plus grande flexibilité pour restreindre et diminuer la production lorsque toutes les autres solutions seront épuisées, ce que l’organisation n’a pas le pouvoir de faire présentement.

Un préavis de 10 mois

Ces nouvelles périodes dites d’excédent de production pourront être décrétées dès que la capacité d’abattage des acheteurs sera en déséquilibre de 100 000 porcs ou plus par rapport à l’offre des producteurs. Un préavis de 10 mois devra toutefois être donné avant l’entrée en vigueur de cette période exceptionnelle, laquelle pourra ensuite être appliquée pour une durée maximale de 12 mois. « Lorsque l’équilibre sera atteint et qu’il y aura croissance des capacités d’abattage, on veut que le libre marché puisse recommencer à s’exercer comme ç’a toujours été le cas », a indiqué Claudine Lussier.

Pendant les périodes de restriction, le volume de porcs pouvant être écoulé en surplus sera déterminé par les Éleveurs de porcs du Québec, selon les solutions qui sont à sa disposition. « Car il arrive que ce soit faisable d’écouler 300 000 porcs, alors que dans d’autres contextes, non », a précisé la directrice de la mise en marché.

Les périodes d’excédent de production ne s’appliqueront pas aux porcs de niche, comme les porcs biologiques, qui sont actuellement achetés par le transformateur Viandes Du Breton, à moins que ce dernier n’annonce à son tour une baisse de ses capacités d’abattage.