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Des dommages de 450 M$ à l’industrie laitière

QUÉBEC — La concession du gouvernement Harper, qui va faire entrer 17 700 tonnes additionnelles de fromages européens au Canada, sans droits de douane, coûtera au bas mot plus de 450 M$ par an à l’industrie laitière du pays, et ce, de façon récurrente.

Les producteurs de lait vont en effet perdre 150 M$ en litres de lait non produits et les transformateurs devront composer avec 300 M$ en ventes de fromages perdues.

Pas étonnant que la frustration, mais aussi la riposte à ce coup bas du gouvernement du Canada, aient constitué le cœur des préoccupations évoquées par le président de la Fédération des producteurs de lait du Québec, Bruno Letendre, devant quelque 200 délégués réunis en assemblée générale spéciale, le 28 novembre.

« Le gouvernement du Canada nous a trahis pour obtenir cette entente », a dénoncé le président Letendre. Une concession d’autant plus douteuse que les 17 700 tonnes en cause ne représentent que 0,25 % de la production européenne de fromages. « Et on voudrait nous faire accroire que ce compromis était incontournable pour conclure cet accord », a-t-il lancé.

Insignifiant pour l’Europe, ce volume, qui comprend 16 000 tonnes de fromages fins, va toutefois se traduire par une perte de 30 % du marché des fromages fins au Canada, produits à 60 % au Québec. « Au lieu de croître, on va reculer. C’est une perte nette, concrète et directe », a précisé M. Letendre.

M. Letendre s’est plu à dégonfler la balloune de ceux qui croient que l’accès à l’Europe va profiter aux fromages fins canadiens. Les fromages de l’Europe sont largement subventionnés; sa capacité industrielle est gigantesque par rapport aux usines canadiennes et nord-américaines et le Canada ne peut bénéficier de subventions à l’exportation, a illustré ce producteur laitier de l’Estrie.

S’adressant au gouvernement du Canada, le président de la Fédération des producteurs de lait du Québec (FPLQ) a « exigé qu’il respecte à la lettre et rapidement son engagement à compenser les pertes ». Jusqu’ici satisfait du rôle joué par le gouvernement du Québec dans cette affaire, M. Letendre a toutefois réitéré que « Québec devra respecter son engagement à ne pas ratifier l’entente finale tant que les mesures de compensation promises par le fédéral ne seront pas à la hauteur des attentes du secteur laitier et fromager ».