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Dans un contexte où la demande est supérieure à l’offre, le prix du lait de chèvre pourrait être renégocié à la hausse en 2021 dans la prochaine convention de mise en marché. Photo : Archives/TCN

Dans un contexte où la demande est supérieure à l’offre, le prix du lait de chèvre pourrait être renégocié à la hausse en 2021 dans la prochaine convention de mise en marché. Photo : Archives/TCN

Contexte propice à la relance du secteur caprin

Il manquera plus d’un million de litres de lait de chèvre en 2021 pour combler les besoins des acheteurs. Ce contexte est donc favorable aux investissements dans le secteur laitier caprin, croit le président des Producteurs de lait de chèvre du Québec, Christian Dubé.

De nombreux freins à l’investissement persistent cependant pour les producteurs. La baisse du prix du lait de chèvre de 5 % depuis les deux dernières années, les faibles marges de profit, et les difficultés d’obtention de financement n’encouragent pas ceux-ci à investir pour combler la demande des acheteurs, a expliqué le président en assemblée générale annuelle virtuelle le 8 octobre. En 2021, l’organisation entend donc développer un environnement d’affaires propice aux investissements.

À l’aube d’une renégociation de la convention de mise en marché, Christian Dubé affirme que les éleveurs sont parvenus à regagner la confiance des acheteurs en améliorant la qualité de leur lait. Dans un contexte où la demande est supérieure à l’offre, le prix pourrait, selon lui, être renégocié à la hausse dans la prochaine convention en 2021. Il ajoute qu’il sera également important d’avoir des ententes à long terme quant aux volumes garantis par les acheteurs pour assurer une sécurité et inciter les producteurs à investir dans l’industrie. « On pense que le temps est bon pour relancer le secteur caprin, mais augmenter les volumes de lait prendra du temps », souligne le président sortant.

Plan de relance

Un plan de relance de l’industrie caprine a été présenté au ministère de l’Agriculture et à La Financière agricole du Québec en septembre. Lors de la rencontre, Christian Dubé dit avoir insisté sur la nécessité d’obtenir une subvention directe à court terme pour les éleveurs ainsi que des engagements gouvernementaux à long terme. « On a eu un retour de la Financière pour voir comment on pourrait adapter des programmes Agri et obtenir une forme d’aide », a-t-il indiqué, confiant.

Le plan de relance comprend une dizaine d’autres mesures. Pour aider les entreprises à améliorer leurs performances, l’organisation envisage de reconduire l’évaluation du coût de production effectué en 2019 sur une base annuelle et de développer une expertise en services-conseils propre au secteur. Afin de permettre la planification à long terme des quantités de lait offerts aux acheteurs, un outil de gestion des approvisionnements et de planification des opérations a été élaboré. De plus, la logistique d’acheminement des échantillons de lait chez Lactanet est encore problématique et devra être revue. 


Du bénévolat pour alléger la dette

Bien que la dette des Producteurs de lait de chèvre du Québec (PLCQ) se soit creusée davantage en 2019, le bénévolat des administrateurs a permis une diminution des dépenses de l’organisation syndicale, soutient son président Christian Dubé. « Il y a des montants qu’on aurait pu réclamer, mais on ne l’a pas fait, et je pense que c’est au mérite des administrateurs parce qu’on a eu plus de rencontres et de conseils d’administration cette année que l’an passé », dit-il. Le président a rappelé que la rentabilité économique de l’organisation dépend des contributions, prélevées en fonction du volume de lait produit. Or, seulement 7,2 millions de litres ont été livrés aux acheteurs en 2019, alors que les contrats prévoyaient un approvisionnement de 9,6 millions de litres. « On travaille sur un plan de relance pour équilibrer les finances de l’organisation », ajoute M. Dubé. Il souligne également qu’en attendant, l’organisation s’est qualifiée pour recevoir le prêt d’urgence de 40 000 $ offert aux entreprises par le gouvernement fédéral. « Ça va nous donner une bouffée d’air frais », dit-il.


Un nouveau président

Après quatre ans à la présidence des Producteurs de lait de chèvre du Québec, Christian Dubé n’a pas brigué de troisième mandat. Le producteur de Saint-Damase en Montérégie a expliqué ne pas pouvoir assumer la charge de travail requise par la présidence alors que son entreprise laitière caprine, récemment agrandie, est en déficit de main-d’œuvre. Le producteur du Bas-Saint-Laurent Rémi Hudon, élu par acclamation, lui succédera pour un mandat de deux ans. Christian Dubé ne quitte toutefois pas l’organisation, il siégera au conseil d’administration des PLCQ à titre de producteur-transformateur.

Rémi Hudon

Rémi Hudon