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Photo : Martin Ménard / Archives TCN

Photo : Martin Ménard / Archives TCN

Comment produire de l’ensilage de qualité

Teneur en humidité, longueur de coupe, vitesse du hacheur, température, type de structure : la production d’ensilage comporte de nombreux défis lorsqu’on souhaite conserver un fourrage de bonne qualité.

Heureusement, l’adoption de bonnes pratiques en la matière permet d’éviter la dégradation de l’ensilage pour favoriser la santé des vaches laitières.

Eugene Rodberg

Eugene Rodberg

C’est un fait connu, la valeur nutritionnelle de l’ensilage dépend grandement de ses conditions d’entreposage. « Lorsque l’ensilage est exposé à l’air, le nombre de levures augmente dans le fourrage. Cela a pour effet de détruire une partie de ses nutriments, puis de hausser sa chaleur et son pH. Résultat : les moisissures et les mycotoxines se “réveillent”, ce qui fait augmenter encore plus la chaleur et amène une détérioration massive de l’ensilage », rappelle Eugene Rodberg, gestionnaire de produits chez Kemin, à l’occasion d’une journée de formation sur la conservation du foin, de l’ensilage et des grains le 22 janvier à Saint-Hyacinthe.

Les bonnes pratiques à adopter

Le taux de remplissage est un facteur de première importance à considérer lors de l’ensilage dans le but d’exclure autant que possible l’oxygène de la masse fourragère. « Le sucre est converti plus facilement en acide lactique pendant la fermentation anaérobique et c’est exactement ce qu’on veut pour minimiser les pertes. Idéalement, on devrait remplir les structures d’entreposage en une journée », explique Eugene Rodberg.

De plus, l’ensilage devrait être protégé des intempéries. Si la pluie oblige le producteur à interrompre la coupe, il devrait minimalement protéger le remplissage d’une bâche pendant l’arrêt des travaux pour éviter la détérioration de l’ensilage.

Une fois le remplissage complété, il est recommandé d’appliquer un mélange d’acide comme le Silage Savior liquide sur la couche supérieure d’ensilage avant de la sceller, poursuit Eugene Rodberg. « Cette double précaution assure un pH plus bas et une plus grande récupération de matière sèche. » Le nombre de moisissures et de levures par gramme est par ailleurs nettement plus faible qu’avec l’utilisation seule d’une bâche, même après six mois.

Enfin, il est recommandé de donner à l’ensilage une pente de 4 pieds : 1 pied plutôt que de 8 :1 et de recouvrir les faces d’ensilage dans un remplissage de type bunker. 

Essentiel à la bonne santé des vaches

Tyler Harris

Tyler Harris

De mauvaises conditions d’entreposage ne sont pas sans conséquence pour la nutrition des vaches, prévient pour sa part Tyler Harris, gestionnaire du service technique chez Kemin. « Il faut garder en tête que l’ensilage peut être exposé à l’air pendant des jours, des semaines ou des mois avant l’alimentation réelle et que ­celui-ci peut se gâter rapidement dans des conditions chaudes. Or, cette exposition est le premier domino à tomber d’une réaction en chaîne entraînant finalement une alimentation contaminée par des bactéries opportunistes, des moisissures et des mycotoxines. »

Les impacts potentiels d’un ensilage contaminé sont nombreux. Sa consommation directe peut altérer la fermentation du rumen, réduire la performance de la vache et même déclencher une ­réaction immunitaire de l’animal. « Même dans un contexte de problème de santé mineur, l’activation d’un système immunitaire inné consomme une énorme quantité d’énergie sous forme de glucose, ce qui a une répercussion sur le rendement ­laitier », fait valoir Tyler Harris.

Le spécialiste recommande aux producteurs d’effectuer des analyses et d’avoir recours à un liant pour toxines comme « police d’assurance » pour obtenir un ensilage de bonne qualité. 

David Riendeau, collaboration spéciale