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Léopold Beaulieu. Photo : Pascal Ratthé

Léopold Beaulieu. Photo : Pascal Ratthé

Une fiducie agricole pour aider la relève à s’établir

QUÉBEC — Le prix élevé des terres, un problème décrié par la relève agricole depuis de nombreuses années, pourrait bientôt ne plus en être un pour certains. Fondaction et l’Union des producteurs agricoles (UPA) ont créé une fiducie d’utilité sociale, indépendante des deux organismes, qui achètera des terres à leur valeur marchande pour les louer à la relève à des taux avantageux. C’est ce qu’ont annoncé conjointement le président de l’UPA, Marcel Groleau, et le président-directeur général de Fondaction, Léopold Beaulieu, le 3 décembre.

« On est fiers de vous présenter une innovation financière qui va favoriser les producteurs agricoles sans encourager la spéculation, parce que la nature ne spécule pas », a affirmé M. Beaulieu.

Cette fiducie foncière a pour vocation de protéger la pérennité des terres et de soutenir des projets de transfert et de démarrage d’entreprise pour les jeunes en agriculture. « Notre fiducie va travailler avec les entrepreneurs qui vont utiliser la fiducie pour avoir accès à du capital patient afin de leur permettre de réaliser leurs projets », a pour sa part souligné Marcel Groleau. Aucune mise de fonds ne sera requise de la part de la relève pour l’achat des terres. Les mensualités seront plus faibles qu’ailleurs sur le marché et le bail contracté sera transférable. Chaque projet sera étudié au cas par cas.

La fiducie bénéficiera d’un financement de départ de 9,3 M$, dont 30 % proviennent de Fondaction et 70 % de Desjardins. Les premiers projets seront mis en place dès 2020. 

Pleine d’espoir de faire pousser son propre foin

Joanie Courchesne. Photo : Pascal Ratthé

Joanie Courchesne. Photo : Pascal Ratthé

La productrice Joanie Courchesne, de Saint-Cyrille-de-Wendover dans le Centre-du-Québec, espère que les 30 acres qu’elle loue pour son troupeau de bovins de boucherie seront achetés par la nouvelle fiducie. Elle songe depuis longtemps à acquérir cette terre située près de Drummondville, mais le prix est élevé et La Financière agricole du Québec a refusé de l’aider. « Dans la production vache-veau, si je m’achète une terre demain matin, c’est de l’argent et on n’a pas de garanties ni de quota. Donc, s’il y a une année où mes vaches meurent à cause d’une maladie, je suis dans le trouble et j’ai des paiements à faire », explique Joanie Courchesne.

Elle précise qu’avec la fiducie, une entente de paiement dans un bail de longue durée lui « donnerait plus de souffle » en allégeant les dépenses de l’entreprise. Elle pourrait par exemple produire son foin au lieu de s’en procurer à l’extérieur. « Il me coûterait peut-être 1 $ la balle au lieu de 4 $, alors je ferais de l’argent au bout du compte. […] En faisant de l’argent, on serait capables d’en mettre de côté pour pouvoir [racheter la terre au bout d’une couple d’années] », dit-elle. M.L.