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Avec la conjoncture actuelle, François Guay aimerait pouvoir battre le prix record de 363 $/t qu’il avait obtenu lors de l’année folle de 2012. Agroéconomiste de formation, il entrevoit ainsi une année rentable dans le maïs puisque son coût de production se situe à un peu moins de 200 $/t. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

Avec la conjoncture actuelle, François Guay aimerait pouvoir battre le prix record de 363 $/t qu’il avait obtenu lors de l’année folle de 2012. Agroéconomiste de formation, il entrevoit ainsi une année rentable dans le maïs puisque son coût de production se situe à un peu moins de 200 $/t. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

Quand le soya et le maïs se vendent à prix d’or

La frénésie des prix élevés gagne les producteurs de maïs et de soya, qui se demandent jusqu’où se terminera ce rallye haussier. En date du 8 janvier, les contrats pour mars dans le soya atteignaient le prix incroyable de 576 $/t. Au même moment l’an dernier, le soya valait près de 200 $ de moins la tonne. Et que dire du maïs qui atteint déjà 275 $/t pour mars.

« Il y a du monde dans la misère [à cause de la pandémie], mais nous autres [les producteurs de grains], on est en dehors des misères. On ne s’attendait pas à une pareille hausse, mais on la prend », commente François Guay, qui cultive un peu plus de 1 000 hectares en Montérégie. Selon lui, le prix du maïs continuera de grimper au Québec, en raison de la valeur des bases locales qui augmenteront pour égaler la valeur de remplacement du maïs américain.

Fébrile, le producteur regarde la courbe des prix monter sur les graphiques boursiers. Comme plusieurs, il attend le chiffre magique de 300 $/t, « pour en laisser aller », et gardera fort probablement certains volumes pour profiter d’une autre hausse de prix éventuellement en juillet ou septembre. Avec près de 7 000 tonnes de maïs encore dans ses silos, il est en bonne position pour réaliser d’excellentes ventes cette année.

Ramzy Yelda, analyste principale des marchés chez les Producteurs de grains du Québec, s’attend lui aussi à voir le prix du maïs continuer sa progression. « Je regarde tous les facteurs, et il n’y a pas grand-chose qui pourrait freiner ça. L’offre locale est en déficit. [La récolte de maïs 2020 n’arrivera pas à combler la demande des acheteurs québécois] et pour empirer les choses, les rendements des céréales ont été désastreux. La base n’a pas fini de monter. Être producteur, je serais patient », mentionne-t-il.

Prix vertigineux dans le soya

« Depuis le 15 décembre, les prix ont monté beaucoup. Avec la prime, on est rendus à 640 $/t en moyenne [pour du soya de consommation humaine]. C’est pas mal dans les plus hauts prix. Et je pense que ça va encore monter », dit Josée Beaulne, directrice des approvisionnements chez Prograin. Devant de tels prix vertigineux, plusieurs producteurs l’appellent pour vendre immédiatement plutôt que courir le risque de voir les marchés s’écraser. Le soya de consommation humaine est rentable pour les producteurs à 550 $/t, alors il l’est encore plus à 640 $/t, reconnaît-elle.

Ramzy Yelda croit que les prix continueront de monter dans le soya. « La demande chinoise a repris à plein tube, les réserves américaines sont faibles, la météo en Amérique du Sud est médiocre [ce qui limitera les rendements du Brésil] et l’Argentine parle de restreindre ses exportations. Tout ça mis dans le même panier, je ne vois rien de baissier dans le soya pour les prochains mois », prévoit M. Yelda.