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Le marché du porc au Québec est tiré vers le bas par la guerre commerciale qui s’amorce entre les États-Unis et la Chine. Crédit photo : Archives/TCN

Le marché du porc au Québec est tiré vers le bas par la guerre commerciale qui s’amorce entre les États-Unis et la Chine. Crédit photo : Archives/TCN

Le prix du porc au Québec chute

L’intention de la Chine de taxer de 25 % le porc des États-Unis a immédiatement plombé les cours du porc américain sur lesquels s’appuie le marché québécois.

« Ç’a un impact majeur et immédiat sur nos fermes », explique le président des Éleveurs de porcs du Québec, David Duval. Le printemps annonce habituellement une remontée des prix. « On est complètement à l’inverse. On plante du nez », résume le dirigeant. Le prix au Québec tourne actuellement autour de 150 $/100 kg, bien en dessous du coût de production de 195 $/100 kg. « Les impacts ne sont pas aussi tangibles pour les transformateurs », remarque M. Duval. À son avis, cette conjoncture démontre l’importance de modifier la formule de prix au Québec. Les Éleveurs souhaitent se rapprocher davantage du prix des coupes afin d’établir un meilleur partage des risques avec les abattoirs. Des audiences devant la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec sont prévues à compter du 13 avril.

Incertitude

Beaucoup de questions demeurent quant à la durée des mesures de représailles chinoises et leurs impacts. Seulement 1,5 % du porc produit aux États-Unis est exporté en Chine, ce qui demeure marginal en termes de volumes. Toutefois, la moitié de ces tonnages sont constitués d’abats et de sous-produits pour lesquels les marchés alternatifs seront difficiles à trouver, note le directeur adjoint aux affaires économiques des Éleveurs, Julien Racicot. Néanmoins, les importants cheptels de porcs au sud de la frontière et la récente vigueur du dollar canadien risquent d’ajouter aussi de la pression sur notre marché intérieur.

Différend commercial

Rappelons qu’au début d’avril, la Chine a annoncé des tarifs douaniers de 25 % sur 128 produits importés des États-Unis dont la valeur dépasse les 16 G$. Le tiers de ces denrées sont agricoles, notamment le porc, le soya, le maïs, le blé, le coton, le bœuf, les canneberges, le jus d’orange et le tabac. Pékin réplique ainsi aux tarifs douaniers imposés par l’administration de Donald Trump sur l’aluminium et le fer en provenance de Chine.