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Kevin Grier anticipe que le cheptel américain poursuivra la décroissance observée depuis 2019 en atteignant, en 2023, un peu plus de 29 millions de têtes, contre plus de 30 millions en 2022. Photo : Patricia Blackburn/Archives TCN

Kevin Grier anticipe que le cheptel américain poursuivra la décroissance observée depuis 2019 en atteignant, en 2023, un peu plus de 29 millions de têtes, contre plus de 30 millions en 2022. Photo : Patricia Blackburn/Archives TCN

Perspectives bovines pour 2023

En 2023, l’offre de bovins sur les marchés canadiens et américains sera en diminution, alors que la demande connaîtra une légère diminution par rapport à 2022, mais demeurera forte. L’analyste et consultant canadien Kevin Grier a établi ces prévisions au tout premier Colloque de l’industrie bovine, à Saint-Hyacinthe, en novembre dernier.

Moins d’abattages

Kevin Grier

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SAINT-HYACINTHE – En ce qui concerne l’offre, il y a eu un important abattage de vaches en 2022 en raison de la sécheresse aux États-Unis et dans les Prairies canadiennes, mais également en raison des mauvaises conditions économiques. En supposant que la sécheresse soit moins marquée en 2023, l’analyste s’attend à ce que l’abattage soit en diminution de 3 % par rapport à l’année précédente, mais prévoit tout de même un nombre important de bêtes abattues. « L’un des plus importants de ces dix dernières années », a-t-il dit. Kevin Grier anticipe également que le cheptel américain poursuivra la décroissance observée depuis 2019 en atteignant, en 2023, un peu plus de 29 millions de têtes, contre plus de 30 millions en 2022.

L’inventaire américain de bouvillons et de génisses était en croissance entre 2014 et 2020, mais décline depuis deux ans. Pour 2023, M. Grier prévoit que ce déclin se poursuivra et que l’abattage de bouvillons et de génisses connaîtra une décroissance d’environ 3 % par rapport à 2022. « J’ai du mal à m’enthousiasmer pour les perspectives de prix, car même si nous pouvons nous réjouir de la baisse du nombre d’abattages, il s’agit toujours d’un chiffre assez important en 2023. Mais quoi qu’il en soit, c’est un déclin, et pour vous [les producteurs], c’est probablement positif », a-t-il mentionné aux éleveurs dans la salle.

Demande incertaine

En ce qui concerne la demande des consommateurs, la viande connaît une croissance « spectaculaire » depuis les dernières années. En 2022, la consommation de bœuf, de poulet et de porc aux États-Unis a atteint 96 kg par tête pour un indice de prix relativement élevé. « Au fur et à mesure que le temps passe, les Américains et les Canadiens mangent de plus en plus de bœuf, de poulet et de porc et ils sont prêts à le faire à un prix de plus en plus élevé. Ceci est signe d’une croissance de la demande, estime l’analyste. Les véganes ne peuvent rien dire par rapport à cela sauf être agacés. » L’analyste dresse le même constat pour la viande de bœuf au Canada.

En 2023, les consommateurs seront préoccupés par l’inflation et réduiront leurs dépenses. Il estime qu’en matière de nourriture, les consommateurs réduiront d’abord leurs achats de coupes de bœuf noble comme les côtes et la longe (qui contient le filet mignon) et augmenteront leur consommation de bœuf haché et de cuisses de poulet. Kevin Grier mentionne qu’en 2023, la demande en bœuf pourrait ainsi diminuer, mais que cela est difficile à prévoir puisqu’il se serait attendu à un tel constat dès 2022, ce qui ne s’est pas concrétisé.

Pour 2023, l’analyste anticipe un prix autour de 155 US $/hundredweight (cwt) vif, qui est une unité de mesure équivalente à 100 lb. Il s’agit là d’un prix 10 US $/cwt vif plus élevé qu’en 2022. Notamment parce que, bien que la demande semble incertaine, les transformateurs auront besoin des animaux, et cela donnera un avantage compétitif aux parcs d’engraissement. Par contre, si la demande ne tient pas, les transformateurs réduiront les abattages. « Si j’ai tort, c’est parce que mon prix [de 155 US $/cwt] sera trop élevé », avance-t-il cependant.

Au Canada et au Québec, où les prix sont équivalents aux prix américains, M. Grier prévoit un prix près de la moyenne de 2015-2019 parce que l’inventaire de bouvillons y sera légèrement plus bas qu’aux États-Unis.

Il précise toutefois que les prix nord-américains dépendent entièrement de la demande, et que la demande a été bonne ces dernières années. « Je pense qu’elle va être plus faible, mais encore assez forte », conclut-il.