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L’usine de production de Mini Babybel de Sorel-Tracy ne reçoit que 70 000 litres de lait chaque jour, soit la moitié de la quantité prévue. Photo : Gracieuseté de la Fromagerie Bel

L’usine de production de Mini Babybel de Sorel-Tracy ne reçoit que 70 000 litres de lait chaque jour, soit la moitié de la quantité prévue. Photo : Gracieuseté de la Fromagerie Bel

Les Mini Babybel québécois freinés par la pénurie de main-d’œuvre

Huit mois après le démarrage des activités de la Fromagerie Bel à Sorel-Tracy, l’établissement ne peut recevoir que 70 000 litres de lait chaque jour, soit la moitié de la quantité prévue à ce stade-ci, en raison du manque de main-d’œuvre. Le directeur d’usine et vice-président des opérations, Thierry Vialard, se donne malgré tout l’ambitieux objectif d’atteindre le plein régime d’ici l’été.

« La moitié des Mini Babybel originaux présentant le logo de la vache bleue [que nous voulons produire] sont déjà dans les épiceries », assure-t-il en entrevue avec La Terre, les autres étant pour l’instant encore importés d’Europe. Il indique que la cadence de transformation à l’usine en est encore à « monter en puissance », mais que « d’ici la fin de l’année », tous ces petits fromages rouges commercialisés au Québec et au Canada devraient être faits à Sorel-Tracy. À terme, d’ici quelques années, l’entreprise espère par ailleurs que les autres produits de la gamme vendus au pays, notamment les « Léger », « Goût Cheddar » et « Goût Gouda », seront aussi faits à partir de lait québécois.   

Recrutement de nuit ardu

Au total, 25 travailleurs sur une possibilité de 140 demeurent manquants à l’usine, malgré de nombreux efforts de recrutement. Les quarts de nuit sont ­particulièrement difficiles à combler, souligne Thierry Vialard.

« On le savait qu’il y avait une pénurie de main-d’œuvre, mais c’est plus dur que ce qu’on avait anticipé », admet-il. Selon lui, dès que les postes de nuit seront pourvus toutefois, la cadence de transformation augmentera d’un cran. Dernièrement, une dizaine de travailleurs d’usines Bel en Côte-d’Ivoire et au Maroc ont été appelés en renfort au Québec, et d’autres pourraient s’ajouter. Bien que la démarche exige un lourd processus administratif, M. Vialard songe à répéter l’expérience, car le recrutement local est peu fructueux. « On a essayé de faire appel à des agences à Montréal et d’offrir le transport jusqu’ici, mais on n’a pas eu beaucoup de succès », soutient-il.

Comme autre initiative, le site internet beljobasorel.com a notamment été créé, spécialement pour la réception de candidatures. L’usine travaille aussi à recruter des ouvriers dans les écoles de formation en transformation alimentaire.

« Beaucoup de choses sont en branle; reste à voir comment ça évolue », ­commente M. Vialard.

Thierry Vialard

Thierry Vialard

Historique québécois

Le Québec a été choisi pour fournir tout le Canada en Mini Babybel parce que la base de l’historique des opérations de Bel Canada est à Montréal. « Une entité locale s’y est créée en 2005, et depuis, on s’est étendu avec une stratégie de partenariats locaux », raconte Thierry Vialard. Il rappelle que l’entreprise européenne s’est auparavant affiliée à la Fromagerie Bergeron dans Chaudière-Appalaches pour la production locale de fromages La vache qui rit ainsi qu’avec Agropur pour la production de Boursin. Pour la transformation de lait local en Mini Babybel, c’est avec la Fromagerie Chalifoux de Sorel-Tracy que Bel Canada a cette fois choisi de collaborer.