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Les apiculteurs aimeraient que les abeilles soient mieux protégées contre les pesticides. Photo : Archives/TCN

Les apiculteurs aimeraient que les abeilles soient mieux protégées contre les pesticides. Photo : Archives/TCN

Les apiculteurs souhaitent que la Financière les protège mieux

Les Apiculteurs et Apicultrices du Québec (AADQ) souhaitent que leur secteur soit mieux protégé des répercussions de l’utilisation de pesticides en agriculture. Ils veulent aussi que la Loi sur les abeilles soit modernisée. Ces résolutions ont été adoptées lors de l’assemblée générale annuelle tenue le 19 mars.

Le nouveau président, Raphaël Vacher, explique que son organisation s’est aperçue d’un manque du côté des assurances lorsque l’un des leurs a perdu près de 600 ruches, une perte qu’il attribue aux pesticides. Des discussions avec La Financière agricole du Québec (FADQ) lui ont fait prendre conscience qu’aucune compensation ne pouvait lui être remise. « C’est lui qui nous a tiré la sonnette d’alarme. On pensait qu’on était protégés », soutient M. Vacher. Il déplore que les grandes cultures doivent utiliser des pesticides pour avoir droit à l’assurance, alors que de leur côté les ­pesticides nuisent à leur production, qui, elle, n’est pas assurée. « Il y a un aspect inéquitable », souligne-t-il.

En effet, Valérie Beaulieu, conseillère en communication à la FADQ, indique que le programme couvre les pertes causées par le climat ou un phénomène naturel incontrôlable comme les maladies ou les insectes. Les pesticides n’entrent pas dans ces catégories et « le cadre légal fédéral-provincial actuel régissant l’assurance récolte ne permet pas d’inclure cette cause de mortalité », dit-elle. La porte-parole ajoute que la diminution de l’usage des pesticides est dans le Plan d’agriculture durable. De plus, les apiculteurs auront accès en 2021 à une assurance pour les nucléis. Les AADQ comptent donc faire des démarches auprès de la Financière et du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) pour leur faire part de leur volonté d’être protégés contre les pesticides. « On s’attend à une ouverture. L’importance des abeilles en agriculture a été montrée dans les dernières années », indique le président.

Moderniser la Loi sur les abeilles

L’organisation aimerait d’ailleurs que la Loi sur les abeilles, qui date de 1969, soit modernisée afin de protéger les pollinisateurs, puis de pouvoir y ajouter des règlements permettant d’intervenir auprès de contrevenants. « C’est difficile d’intervenir si une personne contrevient à la loi », indique M. Vacher. Une demande en ce sens sera donc faite au MAPAQ.

Les membres des AADQ ont aussi adopté des résolutions pour que la formation des nouveaux apiculteurs soit accentuée, qu’un atelier sur la nosémose, un champignon parasitaire, soit offert et que la vente d’abeilles soit mieux encadrée pour limiter la transmission de maladies.