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La pression immobilière menace les terres agricoles autour de la nouvelle station du Réseau express métropolitain, à proximité du Quartier DIX30, à Brossard. Photo : Patricia Blackburn/ArchivesTCN

La pression immobilière menace les terres agricoles autour de la nouvelle station du Réseau express métropolitain, à proximité du Quartier DIX30, à Brossard. Photo : Patricia Blackburn/ArchivesTCN

La Fiducie agricole REM achète une deuxième terre

La Fiducie agricole REM vient de mettre la main sur une deuxième terre agricole de 33 hectares à Carignan, dans un secteur à proximité de la station Brossard du Réseau express métropolitain (REM), en Montérégie.

Marc-André Côté

Marc-André Côté

« [Ce lot] appartenait à une famille qui a choisi de céder cette propriété au prix moyen des terres agricoles plutôt que de miser sur la valeur marchande spéculative », précise la Fiducie dans un communiqué.

Cette deuxième acquisition, après une première de 11 hectares en juillet dernier, porte à près de cinquante hectares le total des terres du patrimoine de la Fiducie. « [Ce sont] des terres qui étaient fortement menacées par la spéculation et dont la vocation agricole pourra être protégée à perpétuité », se réjouit le directeur général de la Fiducie, Marc-André Côté.

Rappelons que cette fiducie d’utilité sociale, créée en 2017, est la solution proposée par la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) pour préserver les quelque 350 hectares de terres agricoles de Brossard, qui subissent une forte pression depuis la construction du terminus du REM. Les propriétaires de ces terres sont majoritairement des promoteurs immobiliers qui espèrent un dézonage éventuel pour développer ce secteur en très forte demande.

La Fiducie REM, confrontée à une hausse fulgurante des prix des terres dans ce secteur, a d’ailleurs dû attendre qu’Hydro-Québec accepte de lui céder un terrain au prix moyen en juillet dernier pour faire sa première acquisition. « Cette situation démontre combien il est devenu difficile de protéger les terres agricoles en milieu urbain », souligne M. Côté.

Un coup de main pour la relève

Julie Bissonnette, présidente de la Fédération de la relève agricole du Québec, qui assume également la présidence de la Fiducie, estime pour sa part que cette nouvelle propriété fraîchement acquise permettra enfin de « réaliser concrètement la mission de préservation du territoire agricole et de soutien au démarrage et au développement d’entreprises agricoles », affirme-t-elle. D’ailleurs, la moitié de la nouvelle propriété, soit un peu plus de 15 hectares, sera réservée à un projet de la relève agricole. Un appel de candidatures sera lancé dans les prochains mois avec la collaboration d’organismes spécialisés comme L’Arterre.

L’autre partie des terres gérées par la Fiducie continuera pour l’instant d’être louée aux producteurs agricoles qui les exploitaient déjà pour la culture de maïs ou de soya, spécifie Marc-André Côté.

D’autres projets en vue

Avec ses deux dernières transactions, le fonds de 2,9 M$ versé par la CDPQ dans les coffres de la Fiducie, en 2017, a fondu d’environ la moitié, révèle M. Côté. Le reste de l’argent pourra servir à l’achat de nouvelles terres, alors qu’une autre portion pourrait aussi être investie dans le projet de parc agricole métropolitain que souhaite mettre en place la Communauté métropolitaine de Montréal dans le secteur de la gare Brossard du REM, poursuit-il.

La Fiducie est administrée par un conseil de sept fiduciaires, désignés par l’Union des producteurs agricoles et la division CDPQ Infra.