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Une étude réalisée par le Centre d’études sur les coûts de production agricole révèle que, selon le type de légume, les coûts de production maraîchère ont augmenté de 10 à 15 % entre 2021 et 2022. Photo : Johanne Fournier

Une étude réalisée par le Centre d’études sur les coûts de production agricole révèle que, selon le type de légume, les coûts de production maraîchère ont augmenté de 10 à 15 % entre 2021 et 2022. Photo : Johanne Fournier

Hausse importante des coûts de production maraîchère

Si ses résultats ne seront officiellement dévoilés qu’en décembre, une étude réalisée par le Centre d’études sur les coûts de production agricole (CECPA) révèle que, selon le type de légume, les coûts de production maraîchère ont augmenté de 10 à 15 % entre 2021 et 2022. Cette hausse est donc nettement plus élevée que les données utilisées par la Financière agricole jusqu’à présent.

Bien qu’elle soit causée par l’inflation, cette augmentation des coûts de production est donc plus élevée que l’indice des prix à la consommation qui, selon Statistique Canada, était de 6,9 % en septembre. « L’augmentation des recettes des producteurs n’a pas suivi cette augmentation de coûts de 15 %, confirme la directrice économie, politique et recherche de l’Association des producteurs maraîchers du Québec (APMQ), Catherine Lessard. Les producteurs ont des revenus nets à la baisse. L’augmentation a surtout été sur les aliments au détail et elle ne s’est pas rendue jusqu’aux producteurs. »

Déposée auprès de La Financière agricole du Québec et de l’APMQ, l’étude a pour objectif de déterminer les coûts de production maraîchère et les défis qu’ils représentent pour l’assurance-récolte, notamment en ­fonction de l’évolution des changements climatiques.

Impact des changements climatiques

L’APMQ est préoccupée par la capacité des programmes à s’adapter au contexte des changements climatiques. « Les événements climatiques extrêmes et leur gravité sont en augmentation, rappelle l’agronome. On a vu, au cours des dernières années, des épisodes de sécheresse de plus en plus graves. »

Dans ce contexte, l’APMQ se demande comment ­l’assurance-récolte peut, à l’intérieur du programme de gestion des risques, mieux intervenir pour aider les producteurs dans une situation d’accroissement des ­changements climatiques. « Comment aussi s’assurer que les producteurs soient mieux couverts dans les ­prochaines années? s’interroge la porte-parole de l’organisme. Ce qu’on entend de nos membres, c’est que les programmes ne se déclenchent pas assez vite et qu’ils ne trouvent pas leur compte. »

La sécheresse n’est pas l’unique problème. Les excès de pluie survenus à la fin août et en septembre ont notamment causé de la pourriture dans les cultures d’oignons et de carottes. « Ça a des effets sur la situation économique des entreprises », souligne Catherine Lessard. Cette année, le virus de la mosaïque du concombre a aussi causé des dommages plus lourds que les années précédentes aux cucurbitacées et aux solanacées. « C’est du jamais-vu », estime-t-elle.

Information inédite

Menée auprès d’un échantillon d’entreprises agricoles, l’étude du CECPA porte sur les coûts de production de cinq légumes feuilles et de quatre légumes racines. « Les entreprises ont fourni leurs données financières pour savoir combien coûtent les différentes productions », spécifie la directrice économie, politique et recherche de l’APMQ. 

C’est la première fois que l’organisme disposera de ­renseignements technico-économiques aussi précis. « Ça nous donne un outil d’analyse et de réflexion, se réjouit Mme Lessard. Dans le cadre de l’assurance-récolte, ça permettra de mettre à jour les prix unitaires et d’autres éléments qui sont déterminés en fonction de la production. » 


Cet article a été publié dans notre cahier spécial Fruits et légumes du Québec, paru dans La Terre de chez nous du 9 novembre 2022.