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Les taux d’intérêt bas ont motivé plusieurs fermes à acheter de l’équipement plus performant, plus automatisé et à construire de nouveaux bâtiments. Certains producteurs ont aussi acheté des terres à fort prix, mais la hausse des taux d’intérêt prévue cette année devra, selon FAC, inciter les gestionnaires à vérifier leurs ratios d’endettement pour éviter de trop plomber les liquidités. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

Les taux d’intérêt bas ont motivé plusieurs fermes à acheter de l’équipement plus performant, plus automatisé et à construire de nouveaux bâtiments. Certains producteurs ont aussi acheté des terres à fort prix, mais la hausse des taux d’intérêt prévue cette année devra, selon FAC, inciter les gestionnaires à vérifier leurs ratios d’endettement pour éviter de trop plomber les liquidités. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

Des revenus records prévus pour 2022

Les recettes agricoles ont atteint des records au Canada en 2021, et elles continueront de croître en 2022, mais à un rythme plus modéré, prévoit Financement agricole Canada (FAC). « L’année a été globalement bonne pour les exploitations agricoles canadiennes. Avec une augmentation significative des revenus agricoles, nous prévoyons que la croissance se poursuivra en 2022, mais à un taux plus faible de 4,6 % [versus 10 % d’augmentation en 2021] », indique un rapport publié le 18 janvier.

Photo : Martin Ménard/Archives TCN

Photo : Martin Ménard/Archives TCN

Ces revenus records des fermes ne signifient pas pour autant que les profits augmenteront en 2022, puisque l’inflation du prix des intrants devrait gruger une portion de la hausse des revenus. Voici les prévisions de FAC pour les principaux secteurs.

Grains
FAC prévoit que les prix élevés des grains devraient se poursuivre en 2022 et entraîner une augmentation des recettes pour la plupart des cultures. La hausse prévue est de 13,7 % pour le maïs, de 10 % pour le soya et de 33 % pour le blé.

Bovins
« Les prix des bovins ont augmenté au cours du second semestre de 2021, et les recettes ont largement dépassé nos prévisions », dit FAC dans son rapport du 18 janvier. L’organisation ajoute que les signaux du marché laissent présager des prix élevés pour les bovins en 2022, mais une baisse du nombre de bovins gras commercialisés. De plus, les bovins devraient être vendus à des poids inférieurs en raison des coûts élevés des aliments.

Néanmoins, les recettes totales liées aux bovins devraient augmenter. L’évolution de la pandémie est évidemment à surveiller, puisqu’elle a déjà fait changer et fait reculer les achats de viandes par le consommateur, faisant rebondir la demande de poulet en 2021.

Porcs
L’an dernier, FAC prévoyait une forte croissance des recettes du secteur porcin en 2021 liée à la hausse des prix. « Les données montrent que les recettes du secteur porcin ont été encore plus fortes que prévu et ont augmenté de près de 34 % en 2021, grâce à une flambée des prix de 29 % et à une augmentation de la production de près de 4 % », indique le rapport. Avec un potentiel de croissance plus limité pour 2022, FAC prévoit une légère baisse des prix du porc et une croissance marginale de la production. Les prix élevés des intrants auront un effet négatif sur la rentabilité.

Lait
Les recettes liées aux produits laitiers vont augmenter grâce à la hausse des prix de 8,5 % prévue le 1er février. FAC anticipe toutefois une croissance de la production marginale dans le secteur laitier, soit de 0,4 %, contre 1,8 % en 2021. 

Taux d’intérêt

En entrevue avec La Terre, l’économiste en chef chez Financement agricole Canada, Jean-Philippe Gervais, prévoit que l’inflation demeura supérieure au taux cible fixé par la Banque du Canada pendant la majeure partie de 2022. Cela devrait contribuer à des hausses des taux d’intérêt de 1,25 % en 2022. « Le danger, c’est si les taux à long terme bougent aussi. On nage dans l’incertitude, mais la question que doivent se poser les entreprises agricoles : est-ce que je devrais me protéger avec des prêts sur 5 ou 10 ans? Le cas échéant, il faut agir avant la hausse des taux », conseille-t-il. 

Les taux d’intérêt historiquement faibles ont motivé de nombreuses fermes à investir ces dernières années, ce qui pourrait maintenant entraîner une pression considérable sur leurs liquidités dans un contexte de taux d’intérêt à la hausse.  FAC recommande aux gestionnaires de ferme de vérifier leur ratio de couverture de la dette et leur ratio d’endettement pour se doter d’une stratégie, le cas échéant. Il était connu que les taux finiraient par augmenter, et pour éviter que le remboursement de la dette gruge trop les revenus nets de la ferme, il importe, selon l’institution, de s’y pencher et de planifier, avec la possibilité d’échelonner ses emprunts et de rembourser d’abord en entier les emprunts les moins élevés.