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Au Lac-Saint-Jean, le beau temps a permis à Guillaume Dallaire de récolter ses champs les 24 et 25 septembre. Photo : Gracieuseté de Guillaume Dallaire

Au Lac-Saint-Jean, le beau temps a permis à Guillaume Dallaire de récolter ses champs les 24 et 25 septembre. Photo : Gracieuseté de Guillaume Dallaire

Des rendements de chanvre bio disparates selon les régions

Il n’y a pas que dans les secteurs maraîchers et des fourrages que la pluie a occasionné des problèmes cette année. La graine de chanvre bio n’a pas été épargnée dans Chaudière-Appalaches et au Témiscamingue, mais les rendements ont toutefois été bons dans la plus grande région productrice, le Lac-Saint-Jean.

Guillaume Dallaire

Guillaume Dallaire

Malgré des semis tardifs (au 29 juin) en raison de la pluie, Guillaume Dallaire de la Ferme Tournevent, à Hébertville au Lac-Saint-Jean, était agréablement surpris de récolter un volume de chanvre équivalent à celui des années antérieures, soit une tonne brute à l’hectare en moyenne. Celui qui s’affairait à sécher le chanvre de 10 des 15 producteurs biologiques de sa région au moment de l’entrevue mentionne que les rendements ont globalement été normaux ou légèrement plus faibles. « Je ne peux pas me plaindre. On a eu un super bel automne, des semaines de beau temps », dit-il. Ce dernier estime que sa région produira près de 1 000 tonnes cette année. Rappelons que le chanvre biologique se vend actuellement à 4 180 $/tonne.

Au Témiscamingue, toutefois, Pierre Gauthier et les trois autres producteurs de la région ont eu des problèmes de germination des graines sur les plants. Ce phénomène est plutôt rare, mais est survenu alors que les températures avoisinaient la vingtaine de degrés et que la région recevait 70 mm de pluie. « On est tombés en mode panique, alors on a récolté en deux jours tous les champs affectés, il y a deux semaines », explique M. Gauthier. Dans ses champs, l’homme et son équipe ont utilisé simultanément quatre batteuses pour faire parvenir la récolte au transformateur, au Manitoba, le plus rapidement possible. « On a une belle relation avec le transformateur. C’est rare d’être près de ses acheteurs et qu’ils appellent et donnent des conseils, indique Pierre Gauthier. En même temps, ils ont de la demande pour 4 500 tonnes par année en chanvre bio et on doit en produire 1 500 ou 2 000 tonnes au maximum [au Québec]. »

Cet épisode de germination risque d’affecter la qualité, croit-il, alors que les rendements n’ont pas été bons dans la région, cette année. « Il y a des champs dans lesquels on est tombé sous le 0,2 tonne à l’hectare. Ce n’est vraiment pas terrible, mais il y a d’autres champs où ça a été super bien, alors je vais finir avec une récolte très moyenne de 0,5 tonne à l’hectare, dans le fond, inférieure à ce que je récoltais dans le passé, à 0,8 tonne à l’hectare », explique ce dernier.

Les rendements de Luce Bisson dans Chaudière-Appalaches sont les pires des sept dernières années. Photo : Gracieuseté de Luce Bisson

Les rendements de Luce Bisson dans Chaudière-Appalaches sont les pires des sept dernières années. Photo : Gracieuseté de Luce Bisson

À Sainte-Sabine dans Chaudière-Appalaches, Luce Bisson considère qu’en matière de rendement, cette saison est la pire des sept dernières années. « Cette année, c’est l’horreur totale », dit-elle. Pour contrôler les mauvaises herbes, la productrice fait habituellement un travail de sol à différentes profondeurs au printemps avant de semer, mais la pluie printanière n’a pas permis d’obtenir les résultats escomptés. « Quand on avait trois jours de beau temps, on était chanceux. On a fait nos travaux de sols, mais on a été envahis dans trois champs par de la moutarde des oiseaux et la maladie fongique sclérotinia », mentionne-t-elle.