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Le projet d’aquaponie dans des serres de 10 000 pi2 de Normand Caya, à Drumondville, ne verra peut-être pas le jour en raison des délais de raccordement au réseau triphasé. Photo : Gracieuseté de Normand Caya

Le projet d’aquaponie dans des serres de 10 000 pi2 de Normand Caya, à Drumondville, ne verra peut-être pas le jour en raison des délais de raccordement au réseau triphasé. Photo : Gracieuseté de Normand Caya

Délais de raccordement au réseau triphasé

S’il s’est construit 55 hectares de serres au Québec en 2021, le développement serricole pourrait connaître un ralentissement cette année en raison de délais dans le déploiement du réseau triphasé à travers la province.

Les projets d’expansion des Serres Hydro-Tourville,  à Drummondville dans le Centre-du-Québec, ont par exemple été mis sur la glace, notamment en raison des délais d’expansion du réseau triphasé. Ce réseau permet de fournir la puissance nécessaire au fonctionnement d’appareils énergivores grâce à trois fils. « Ça va faire deux ans au mois de mars qu’on a fait la demande et on n’a toujours pas le triphasé, c’est une désolation totale », explique le propriétaire Normand Caya. Raccorder l’entreprise au réseau existant nécessiterait 13 poteaux sur une distance de 750 mètres.

Le coût du projet est évalué à près de 1,5 M$ par Hydro-Québec, ce qui reste cher malgré une subvention gouvernementale, estime ce dernier. De plus, les délais de raccordement au réseau ne permettront d’alimenter les serres qu’à la fin de janvier 2023. « Les serres, pour le projet d’aquaponie, sont achetées depuis l’année passée et sont empilées dans le fond de la cour. Il nous reste un an pour les construire, sinon le ministère de l’Environnement nous retire la licence, mais encore là, pour le projet de poissons, ça nous prend aussi du triphasé, alors on est encore dans la chnoute à cause d’Hydro-Québec », mentionne M. Caya.

C’est dans le but d’améliorer leurs coûts de production et, par le fait même, leur compétitivité sur le marché québécois de la tomate que Maxime Desjardins et Noémie Turcotte, de Notre-Dame-du-Laus dans les Laurentides, ont déposé chez Hydro-Québec une demande d’extension du réseau triphasé il y a un an et demi. Le couple attend depuis avril 2021 que les ingénieurs ­d’Hydro-Québec se rendent à la ferme pour effectuer une soumission officielle. La soumission préliminaire estimait le projet d’extension à 350 000 $ pour une distance de 4 kilomètres jusqu’à leur entreprise et des coûts additionnels de 500 000 $ pour le branchement des serres. « Le projet de conversion des serres à l’électricité est en pause en attendant l’arrivée du triphasé, mentionne M. Desjardins. Si l’extension du réseau ne fonctionne pas, il faudra prendre une décision », dit-il en n’excluant pas de devoir mettre la clé sous la porte.

Le grand défi

L’accès au réseau triphasé est le grand défi à l’heure actuelle dans le domaine des serres, confirme le président des Producteurs en serre du Québec, André Mousseau. La lourdeur des pratiques administratives d’Hydro-Québec est en cause, croit-il. « Hydro-Québec se rabat toujours sur la Régie de l’énergie, mais la Régie a accepté que des montants soient investis dans les serres. Est-ce qu’ils peuvent suivre, s’il vous plaît? Parce que l’argent est là et les lignes ne se développent pas », dit-il.

Hydro-Québec soutient que dans le cas des serres, un délai de réalisation de près de deux ans est commun pour un projet de raccordement au réseau triphasé, mais qu’un retard supplémentaire s’était récemment accumulé. « Lorsqu’un client fait une demande à Hydro-Québec, nous allons lui donner une date d’engagement en fonction des particularités et de la complexité de son projet. Actuellement, les délais sont décalés de quelques mois pour tous les types de raccordements en raison de l’augmentation importante des demandes reçues, ainsi que les événements météorologiques nécessitant des travaux importants », indique une porte-parole d’Hydro-Québec, Caroline Des Rosiers. Elle précise également que les coûts des projets de raccordement au réseau ne sont pas « subjectifs », puisqu’ils sont normés par la Régie de l’énergie.