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En adoptant une forme de collaboration pour la distribution de leurs vins, les viticulteurs québécois pourraient augmenter leurs parts de marché. Crédit photo : Archives/TCN

En adoptant une forme de collaboration pour la distribution de leurs vins, les viticulteurs québécois pourraient augmenter leurs parts de marché. Crédit photo : Archives/TCN

La collaboration entre les producteurs de vin : accord parfait?

Le secteur vitivinicole québécois a toujours été grandement limité par la réglementation qui l’encadre ainsi que par le monopole de la SAQ.

Les récents développements dans le secteur et l’intérêt grandissant de la population ont mené à une ouverture des parts de marché dans l’ensemble de l’industrie. En effet, l’engouement des consommateurs pour le vin s’est traduit par une augmentation des ventes de 13 % à la SAQ de 2015 à 2016. Il semble toutefois y avoir une inéquation entre la demande et l’offre. En 2012, les vins québécois représentaient uniquement 0,5 % de ceux qui étaient sur les tablettes de la SAQ, comparativement à l’Ontario, qui offre une visibilité de 22,4 % pour les produits de son terroir.

Cette différence peut entre autres s’expliquer par la jeunesse relative de la filière vinicole québécoise, où les productions que l’on y retrouve sont plus petites. Ainsi, obtenir la quantité minimale de bouteilles pour alimenter le grand réseau de la SAQ est un enjeu de taille.

Le producteur vend majoritairement ses produits à son vignoble. Toutefois, c’est plus difficile lorsque la haute saison se termine ou que le producteur se trouve éloigné des réseaux touristiques. De plus, l’accès aux tablettes n’est pas facile et la position du monopole d’État a longuement ralenti le processus de commercialisation. La loi 88, qui autorise les vignerons à vendre leurs produits en épicerie depuis décembre 2016, permet à ces derniers de gagner en visibilité. Il reste toutefois qu’il est ardu pour les producteurs de livrer leurs vins à de multiples points de vente répartis sur un vaste territoire dans des délais restreints.

L’une des problématiques dans la filière vinicole semble donc être l’absence de mutualisation des moyens entre les membres. En effet, chaque vin étant unique et particulier, le principe de mise en marché collective est difficile à appliquer en raison de l’hétérogénéité des produits. Or, dans le secteur de la bière, qui présente les mêmes caractéristiques que le vin, une commercialisation efficace et organisée a été mise en place. De fait, Distribières, une coopérative de producteurs qui regroupe des microbrasseries québécoises, favorise la croissance de leurs parts de marché grâce à l’optimisation des activités de distribution des bières. Les membres bénéficient d’une entraide, d’un système de transport commun et ils partagent les points de vente entre eux. En adoptant cette façon de procéder dans le secteur du vin, les vignerons pourraient alors voir leurs parts de marché croître de 0,5 % à 4 %. La mutualisation des moyens pourrait donc être un excellent outil pour le développement d’une mise en marché commune.

Andrée-Anne Magny et Alexandra Gagnon, Collaboration spéciale

Note : Les auteures sont étudiantes en agroéconomie à l’Université Laval. Elles ont rédigé ce texte dans le cadre de leur cours Organisme d’intervention de la mise en marché des produits agricoles. En le publiant, La Terre de chez nous contribue à la formation des étudiants et les encourage à poursuivre dans cette voie.