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Les frères Racine ont salué la foule après la compétition de tire de tracteurs. Ils ont mis deux ans à construire le leur. Photo : Martin Ménard/TCN

Les frères Racine ont salué la foule après la compétition de tire de tracteurs. Ils ont mis deux ans à construire le leur. Photo : Martin Ménard/TCN

Des producteurs laitiers réalisent leur rêve devant 4 000 personnes

La Terre a assisté à l’accomplissement des frères Racine, des producteurs de lait de l’Estrie qui ont réalisé un vieux rêve de concurrencer devant une foule de 4 000 personnes à l’Exposition agricole et alimentaire de Saint-Hyacinthe avec un tracteur de 1 100 chevaux qu’ils ont eux-mêmes construit pendant deux ans.

SAINT-HYACINTHE – « Ce n’est pas pour nous vanter, mais on a bâti une méchante belle machine », a dit avec émotion Patrick Racine, à quelques minutes de voir leur tracteur s’élancer sur la piste de L’Expo agricole de Saint-Hyacinthe, le 29 juillet. Son frère et lui ont travaillé pendant deux ans, « 3 000 heures de nos vies », précise Michaël, pour transformer un Massey Ferguson 1967 en un tracteur de tire hyper puissant en mesure d’intégrer la classe ProFarm du concours.

Et le moment tant attendu est venu : l’annonceur de l’Expo a invité la foule à accueillir bruyamment le tracteur des frères Racine. Le signal de départ a été donné. Michaël a poussé le bras « du fuel ». Le cillement du turbo s’entendait de partout, le vrombissement du Massey a fait trembler le sol et une fumée noire a percé le ciel. Michaël avançait à fond et les roues avant touchaient à peine le sol. Il a tiré la charge jusqu’au bout, à quelques mètres de la marque du meneur et les spectateurs ont applaudi. L’agriculteur a enlevé son casque et La Terre était sur place pour prendre ses réactions en direct : « C’est de l’adrénaline pure, un feeling extraordinaire », a-t-il partagé. Son frère Patrick a couru en bordure de la piste jusqu’au tracteur et a serré la main à Michaël avec le sourire. Les deux frères se sont retournés et ont salué la foule.

« Ça ne s’explique pas, la fierté qu’on a, a commenté Patrick. C’était un rêve de petit gars. Mon père nous avait amenés à l’Expo de Saint-Hyacinthe quand on était jeunes. Mon frère et moi nous étions dits qu’un jour, on viendrait tirer ici devant des milliers de spectateurs. Ç’a pris trente ans pour réaliser notre rêve », a dit celui qui était déjà venu tirer avec un tracteur, mais dans des classes inférieures. Michaël a renchéri avec les mêmes mots : « On vit un vieux rêve, c’est important pour nous de vivre ça à fond ».

Autodidactes

Voilà à quoi ressemblait le tracteur original. Photo : Gracieuseté de Patrick Racine

Voilà à quoi ressemblait le tracteur original. Photo : Gracieuseté de Patrick Racine

La même compétition a eu lieu le lendemain, toujours au Centre culturel, et les frères Racine ont terminé en 4e position les deux soirs. Ils se disent pleinement satisfaits, surtout qu’une victoire leur semblait impossible. « Le calibre est fort ici. Il y a des gens qui ont plus de budget que nous. Et c’est correct », a mentionné Patrick, qui possède une cinquantaine de vaches en lactation avec sa famille à Stanbridge East, en Estrie.

La ferme laitière des Racine mise sur plusieurs tracteurs de marque Massey-Ferguson. Sans surprise, ils sont restés fidèles à leurs couleurs pour leur tracteur de compétition. Les Massey sont rares dans les circuits de tire de tracteurs, même aux États-Unis, a indiqué Patrick. Son frère a ajouté ceci : « On est des passionnés, on ne fait rien comme tout le monde! »

Les frères Racine ont pratiquement tout fait eux-mêmes. Patrick a pris en charge l’aspect mécanique et son frère est le « cerveau » du visuel de la machine. Pourtant, les deux étaient des néophytes. « Il y a 10 ans, je ne connaissais rien dans la mécanique diesel. Aujourd’hui, je suis capable de construire un moteur haute performance, faire le timing, la calibration de l’injection de l’eau, etc. J’ai appris sur le tas, en posant des questions. J’ai acheté des pièces de performance aux États-Unis, même si je ne parle aucunement anglais. On s’est débrouillés. C’est comme mon frère, il avait sa vision, on l’a laissé aller et ç’a très bien sorti », a conclu Patrick Racine.