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Des progrès restent encore à faire pour que l’agroforesterie soit plus répandue sur les terres cultivées du Québec. Photo : Archives/TCN

Des progrès restent encore à faire pour que l’agroforesterie soit plus répandue sur les terres cultivées du Québec. Photo : Archives/TCN

Des chercheurs du monde entier à Québec pour discuter d’agroforesterie

Des experts provenant des quatre coins de la planète se sont réunis à Québec du 17 au 20 juillet pour mettre en commun leurs connaissances à l’occasion du 5e Congrès mondial en agroforesterie, organisé par l’Union internationale d’agroforesterie et le Centre international de recherche en agroforesterie.

Jean-François Bissonnette

Jean-François Bissonnette

Ce concept, qui rallie diverses disciplines comme l’économie, la foresterie, l’agronomie ou encore la géographie, vise l’intégration d’arbres aux espaces cultivables pour bénéficier de divers avantages, « comme la santé des sols, la biodiversité, un meilleur contrôle du couvert nival [relatif à la neige], jusqu’à la vente de crédit carbone », énumère Jean-François Bissonnette, professeur de géographie à l’Université Laval, qui faisait partie du comité organisateur de ce congrès. Selon lui, l’agroforesterie est aujourd’hui arrivée à un moment charnière.

Alors que les experts d’ici et d’ailleurs ont de plus en plus de connaissances dans ce domaine, ils doivent maintenant s’assurer que le contexte de production agricole reste favorable à une plus grande adoption de ces pratiques. « Il faut le faire de manière juste et équitable pour tout le monde, avec un soutien financier, notamment pour compenser les pertes de terres cultivables où les arbres sont plantés, mais également technique, car il ne suffit pas de planter des arbres n’importe où; il faut le faire correctement pour s’assurer que leur présence sera réellement efficace », souligne-t-il.

Actuellement, le plus grand ennemi de l’agroforesterie, tant au Québec qu’ailleurs, est l’agriculture intensive, observe-t-il.

Des sommités retenues à la maison

Plusieurs conférenciers internationaux attendus au congrès ne s’y sont finalement jamais pointés, puisqu’ils n’ont pu obtenir leur visa à temps, déplore M. Bissonnette. Cette situation s’explique par les problèmes rencontrés actuellement par Ottawa dans la livraison des passeports et des visas. De plus, la hausse des cas de COVID-19 au Québec a également retenu d’autres chercheurs à la maison.

La formule du congrès a donc été réajustée pour que ces conférenciers puissent faire leur présentation à distance. Malgré tout, les organisateurs tirent un bilan positif de cet événement, qui a réuni environ 700 personnes. Les précédents congrès ont eu lieu aux États-Unis (2004), au Kenya (2009), en Inde (2014) et en France (2019). 


Le Costa Rica, un exemple à suivre

Le Costa Rica est actuellement l’exemple à suivre en matière d’agroforesterie dans le monde. La plantation d’arbres en milieu agricole y est financée en partie par l’État depuis environ deux décennies, par l’intermédiaire d’une taxe sur l’essence. Selon Jean-François Bissonnette, cette voie empruntée par le Costa Rica n’est peut-être pas toujours rentable pour l’agriculture, mais elle lui permet d’être plus résiliente face aux changements climatiques, par exemple dans les plantations de café. Le pays tire également d’autres avantages de cette pratique, en étant par exemple devenu une destination reconnue pour l’écotourisme. Le chercheur costaricain Gilmar Navarrette Chacòn, bien connu dans le milieu de l’agroforesterie, était d’ailleurs un des conférenciers du congrès mondial qui s’est tenu à Québec.