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Virus terribles dans les champs de fraises

Certains parlent d’une catastrophe. D’autres qualifient la situation de dramatique. Pour les producteurs de fraises frappés par des virus qui ont détruit leurs plants et compromis leurs récoltes estivales, l’heure est aux bilans.

« Nous avons reçu des courriels et des messages de la part de producteurs inquiets qui nous ont lancé un cri du cœur », confirme en entrevue à la Terre le président de l’Association des producteurs de fraises et framboises du Québec (APFFQ), Michel Sauriol.

Il fait tout de suite une distinction entre les plants contaminés et la qualité des fraises. « Ce sont des choses différentes, tient-il à préciser. Les fraises sur le marché sont d’excellente qualité et ne sont pas frappées par les virus. On ne voudrait pas que ça dérape et que de fausses informations soient véhiculées dans le public. »

Il n’en demeure pas moins que les producteurs, particulièrement ceux qui pratiquent l’agrotourisme, notamment dans la grande région de Montréal, broient du noir. Particulièrement ceux qui n’ont pas été en mesure d’ouvrir leurs champs pour permettre l’autocueillette.

Les ravages causés par les plants contaminés risquent même, dans certains cas, d’entraîner la fermeture définitive de ces entreprises. « Il s’agit de producteurs qui ont pourtant investi beaucoup d’argent, depuis des dizaines d’années, pour faire la promotion de l’autocueillette et se doter d’infrastructures adéquates pour recevoir les visiteurs », se désole M. Sauriol.

Par exemple, à la Ferme Cormier, située à L’Assomption, dans Lanaudière, Josiane Cormier commence à mesurer l’ampleur de la catastrophe. « On n’a même pas récolté 25 % des volumes dans les champs. Ça fait mal. Je ne suis pas la seule dans cette situation. De nombreux producteurs sont confrontés à cette dure réalité. »

Le mystère le plus total

Résumons les faits. Sans que l’on sache vraiment ce qui a pu se produire, des producteurs ont découvert avec stupéfaction, au cours des dernières semaines, que la situation était devenue hors de contrôle. Ce qu’ils avaient appréhendé venait d’arriver brutalement : leurs plants malades étaient frappés par « plus d’un virus ».

« Ces plants implantés en 2013 pour la récolte de 2014 n’ont pas développé de stolons, explique le président de l’Association. Il y avait plus d’un virus sur les plants, qui se sont dégradés, ce qui a provoqué l’assèchement total. Il a fallu les détruire, purement et simplement. »

Or, jusqu’à présent, personne ne semble connaître la cause, ni l’origine de ces virus. « On nage en plein mystère », reconnaît Michel Sauriol.

D’heure en heure

Chose certaine, à l’APFFQ, on suit l’évolution du dossier d’heure en heure.

« On le répète : on veut que les consommateurs sachent que les fraises du Québec sont très bonnes à manger et qu’ils comprennent bien que les virus ont frappé les plants avant qu’ils ne produisent », soutient M. Sauriol.

Et il termine sur une note d’espoir. « On s’attend à ce que la récolte d’automne soit très bonne étant donné, dit-il, que les plants sont d’excellente condition. »