Gilles Bélanger, chercheur en écophysiologie et agronomie à Agriculture et Agroalimentaire Canada. Crédit photo : André Piette

Gilles Bélanger, chercheur en écophysiologie et agronomie à Agriculture et Agroalimentaire Canada. Crédit photo : André Piette

Des variétés à découvrir pour gagner en productivité

La culture des plantes fourragères offre des rendements qui peuvent varier jusqu’à 40 % selon les variétés qu’on a choisi de semer dans son champ. Pour optimiser sa productivité, mieux vaut sélectionner des combinaisons de plantes gagnantes.

C’est ce qu’avance Gilles Bélanger, chercheur en écophysiologie et agronomie à Agriculture et Agroalimentaire Canada.

Dans le cadre d’un projet de recherche s’étalant sur six ans, et comprenant cinq années de mesure, ce dernier a identifié les mélanges fourragers les mieux adaptés au pâturage.

« Avec des mélanges, on augmente le rendement de la graminée, explique le chercheur », qui souligne entre autres que la légumineuse apporte de l’azote à la graminée. « Il y a aussi moins de mauvaises herbes et la valeur nutritive globale est bien meilleure », ajoute-t-il.

Fétuque

Fétuque

Dans une première expérience, l’équipe du chercheur a évalué la croissance de trois légumineuses en combinaison binaire avec six graminées. En tout, 18 combinaisons ont été testées dans trois fermes expérimentales de l’est du pays. Et tout ce travail aura conduit à de belles découvertes.

Parmi les six espèces de graminées testées, c’est le brome des prés qui a contribué aux meilleurs rendements fourragers à chacun des sites. La fétuque élevée, la fléole des prés et le pâturin des prés ont aussi offert de bonnes performances, sans égard au type de légumineuse avec laquelle ces plantes étaient associées.

Du côté des légumineuses, la luzerne et le lotier corniculé ont généré des rendements similaires de 5,5 et 5,8 tonnes à l’hectare respectivement, loin devant le trèfle blanc avec ses 4,9 tonnes à l’hectare.

Luzerne

Luzerne

« La combinaison du brome des prés et du lotier corniculé est celle qui a globalement offert le meilleur rendement dans cette étude », ajoute M. Bélanger.

Une fois la digestibilité de chaque fourrage prise en compte, deux graminées sortent du lot en matière de productivité de lait par les bovins. Selon les estimations des chercheurs, le brome des prés et la fléole des prés sont susceptibles de fournir respectivement 11 % et 5,5 % plus de rendement si on les compare à la troisième graminée la plus productive.

Dans une autre expérience testant des mélanges complexes de légumineuses et de graminées, le chercheur a notamment mesuré l’engraissement de bovins en pâturage. La présence de lotier corniculé dans les mélanges a permis, en moyenne, un gain de 40 % en poids par surface cultivée par rapport à ceux contenant de la luzerne comme légumineuse.

« Nos données ont été obtenues avec des bovins d’élevage, mais les résultats pourraient s’appliquer à des bovins laitiers », indique M. Bélanger.
Pas de recommandations

Bien que ses travaux suggèrent que certaines variétés de légumineuses et de graminées sont plus productives que d’autres, le chercheur ne formule pas de recommandations précises.

« Le choix des variétés et des mélanges dépend de plusieurs facteurs, comme le type de sol et son niveau de drainage, mais aussi des conditions ­climatiques auxquelles un champ est soumis », explique-t-il.

Selon lui, le lotier, par exemple, convient bien aux sols « difficiles ». « C’est une variété qui est bien adaptée aux pâturages, tout comme le brome des prés », dit-il.  

Compléments :
https://www.agrireseau.net/documents/Document_91763.pdf
https://www.agrireseau.net/documents/Document_97126.pdf

Martin Primeau, journaliste