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Le Groupe Ducharme, dans le Centre-du-Québec, a reçu des volumes de maïs potentiellement records. Photo : Gracieuseté du Groupe Ducharme

Le Groupe Ducharme, dans le Centre-du-Québec, a reçu des volumes de maïs potentiellement records. Photo : Gracieuseté du Groupe Ducharme

Une récolte de maïs qui déborde dans certains secteurs

La récolte de maïs se conclut un peu partout au Québec, et dans plusieurs régions, les agriculteurs et acheteurs de grains parlent d’une récolte hors du commun avec des rendements élevés et, surtout, des températures parfaites pour récolter.

Photo : Gracieuseté du Groupe Ducharme

Photo : Gracieuseté du Groupe Ducharme

Le Groupe Ducharme, qui achète des volumes considérables de grains dans le Centre-du-Québec, a même dû accumuler temporairement un monticule de près de 3 000 tonnes de maïs dans un entrepôt, car ses infrastructures de séchage et ses silos étaient saturés de tout le grain que livraient les producteurs. « Je pense qu’on a battu notre record [de grain reçu et accumulé dans la cour]. Une chance que le maïs était sec, à 21-22 % d’humidité, car s’il avait été plus humide, on n’aurait pas pu faire de miracle », dit l’agronome et commerçant de grains Frédéric Ducharme. Il constate des rendements élevés dans sa région et un excellent grade du maïs. « Une récolte comme ça, on voit ça une fois aux 10 ans. Avec les conditions de sol, tout était parfait pour les producteurs », résume-t-il.

Une culture fort réjouissante est également constatée en Montérégie par Réal Beauregard, agent à la commercialisation des grains pour Sollio & Grains Québec. « En Montérégie-Est, c’est une méchante année. Dans le maïs, c’est débile! Tous les producteurs ont des surplus. Je n’ai jamais vu ça. Même nous, à un certain moment, on n’avait plus de place pour rentrer le grain sec. Il a fallu en entreposer ailleurs », souligne-t-il.

L’homme qui cumule une quarantaine d’années d’expérience agricole dit que les producteurs ont de plus en plus de capacité d’entreposage à la ferme, et que certains ont assez de silos pour entreposer toute une récolte normale, mais cette année, les silos débordent. Un client avait 350 tonnes en excédent, donne-t-il en exemple. La majorité des producteurs qu’il côtoie sont très satisfaits de leurs rendements. Une minorité aurait cependant reçu un peu trop d’eau.

Des conditions de récolte parfaites

La Ferme des larges, de Saint-Simon en Montérégie, a récolté dans des conditions parfaites. Photo : Gracieuseté de la Ferme des larges

La Ferme des larges, de Saint-Simon en Montérégie, a récolté dans des conditions parfaites. Photo : Gracieuseté de la Ferme des larges

En Montérégie, près de Saint-Hyacinthe, le jeune agriculteur de 23 ans Jérémy Dautrey a adoré sa saison de récolte 2022, lui qui avait, pour une deuxième année, la responsabilité de conduire le tracteur couplé au débardeur à grains (grain cart). « J’ai toujours tripé au boutte dans l’agricole, surtout dans une entreprise familiale. Et les récoltes, c’est le fun. On travaille en équipe; on a une super bonne ambiance. Les rendements ont été très bons et la météo était exceptionnelle. Les astres étaient alignés, cette année », indique avec fougue Jérémy, qui a terminé ses études à l’Institut de technologie agroalimentaire du Québec.

Il précise que le chantier de récolte, qui s’est terminé le 4 novembre, a été plus rapide qu’à l’habitude. « Il a fait beau et chaud tout le long de la récolte. Mon oncle ne se rappelle pas d’avoir vu un automne comme ça », rapporte celui qui représente la relève, avec son cousin, de la Ferme des larges, à Saint-Simon. Environ 560 hectares y sont cultivés. Pour les curieux, le nom de la ferme familiale vient de l’arrière-grand-mère de Jérémy. Les terres qui étaient à l’extérieur du village étaient surnommées « les terres au large », explique-t-il.

Dans l’ouest de la Montérégie, François Guay fait humblement état de rendements très variables, entre 8 et 12 t/ha, avec une moyenne autour de 9,5 t/ha. « Nous avons eu beaucoup trop de pluie. Les semis hâtifs [de maïs] sont bons, mais les semis plus tardifs n’ont pas bien pris les excès d’eau », note-t-il.

Au Témiscamingue, Danick Sarasin fait part de rendements corrects, autour de 7,4 à 8,6 t/ha. « Cette année ne passera pas à l’histoire. On a manqué de chaleur en juin et juillet, mais les conditions de récolte ont été exceptionnelles. Ici, ça arrive plus souvent de la neige que des 10 à 20 °C », assure l’agriculteur.