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Une fervente du bio, les deux mains dedans

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En plus des légumes qu’elle cultive abondamment pendant l’été, Léa Charest produit à longueur d’année des herbes de blé et des pousses de tournesol destinées à diffuser leur soleil et leur parfum dans des milliers d’assiettes.

La taille haute et droite, le regard vif et le verbe dru. Un élégant chapeau de paille à flot sur sa blonde chevelure. Ses intimes ont reconnu Léa Charest, 28 ans, patronne de la Ferme hantée, rang Saint-Eustache, à Lotbinière.

Bachelière en agronomie de l’Université Laval et passionnée de maraîchage biologique, Léa voulait aussi, en ce domaine, acquérir une solide formation pratique. Le meilleur moyen n’était-il pas d’exploiter son propre domaine? C’est ce qu’elle fait.

La terre qu’elle cultive avec l’aide de son conjoint et de deux employés temporaires, Léa la loue auprès de ses parents, Luc Martineau et Lisette Charest, de Québec.

Inspirés par les projets de cette fille énergique, qui ne jurait que par le bio, M. Martineau et Mme Charest consacraient 150 000 $, en 2006, à l’achat d’une ferme de Lotbinière. Cette terre de 50 hectares, à demi boisée, en comptait une vingtaine destinés à la culture, mais plus ou moins à l’abandon depuis dix ans.

Il a fallu acheter de la machinerie, reconstituer les prairies, déterminer les parcelles à cultiver, construire des serres, remettre les lieux en état. Ces travaux, conduits par Léa, ont entraîné de nouveaux investissements, qui commencent à porter leurs fruits.

Une production variée

Aujourd’hui, trois hectares de la Ferme hantée donnent des légumes, cinq, de l’engrais vert, et douze, du foin. Ces cultures suivent, au fil des ans, un savant programme de rotation.

De plus, la Ferme hantée produit en serre, chaque semaine et à longueur d’année, 40 kilos d’herbe de blé et 25 kilos de pousses de tournesol. Destinées à des fins médicinales et alimentaires, ces herbes sont distribuées principalement par l’épicerie Accommodation Bio, de Québec.

La vente de ces herbes constitue le principal revenu de la ferme. N’empêche que Léa apporte un soin particulier aux 80 familles de Québec et de Lotbinière auxquelles son entreprise fournit un panier de légumes par semaine pendant les cinq mois que durent les récoltes.

Ce contact hebdomadaire avec de nombreuses personnes soucieuses de s’alimenter sainement est cher à Léa, et pour cause. C’est l’abonnement, en 2001, de sa propre famille à un service du même genre qui a éveillé sa vocation. La jeune femme se rappelle avec ravissement la joie qui l’animait quand elle prenait connaissance, avec ses parents, du contenu du magnifique panier de fruits et légumes qui leur parvenait de la ferme Campanipol, de Sainte-Geneviève-de-Batiscan.

« À chaque destinataire, dit-elle, j’essaie de procurer un bonheur semblable aux rayons de soleil que prodiguaient jadis à ma famille les animateurs de la ferme Campanipol. »

Le service de la cause

En vue d’obtenir la certification bio, ce qui devrait être bientôt fait, la Ferme hantée respecte strictement, depuis le début de sa production en 2009, le cahier des charges réglementaire.

Léa Charest connaît bien les obligations du producteur bio. Pendant trois ans, elle a agi comme inspectrice pour le compte d’un organisme de certification régi par le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV).

À la fin de 2010, elle a abandonné cette fonction qu’elle adorait pourtant. La Ferme hantée réclamait tout son temps. Elle-même voulait saisir cette occasion de maîtriser en profondeur le processus entier du maraîchage biologique.

Léa Charest n’exclut pas de mettre encore un jour ses connaissances au service d’autres producteurs. Elle déplore que trop peu de conseillers agricoles s’intéressent au bio et en favorisent l’expansion. « Les tenants québécois de ce mode soigné de production, dit-elle, ont encore fort à faire pour lui donner l’importance qu’il doit prendre dans une optique de développement durable. »