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Le producteur Denys Van Winden calcule qu’il lui arrive environ une fois aux sept ans de vivre une saison sans profit. Ce sera le cas cette année, croit-il. Photo : Gracieuseté de Denys Van Winden

Le producteur Denys Van Winden calcule qu’il lui arrive environ une fois aux sept ans de vivre une saison sans profit. Ce sera le cas cette année, croit-il. Photo : Gracieuseté de Denys Van Winden

Une année sans profit pour certains producteurs maraîchers

Alors que les récoltes maraîchères tirent à leur fin, Denys Van Winden prévoit déjà terminer la saison 2020 « sans profit ou presque ». Le copropriétaire de Productions horticoles Van Winden, en Montérégie, attribue le phénomène à ses coûts de production qui ont été plus élevés que la moyenne et à des baisses de rendements aux champs de l’ordre de 40 %.

Un épisode de grêle survenu le 10 octobre a endommagé les récoltes de choux de Jocelyn Dugas, qui allaient pourtant bien jusqu’ici. Photo : Gracieuseté de la Ferme Lise Charbonneau

Un épisode de grêle survenu le 10 octobre a endommagé les récoltes de choux de Jocelyn Dugas, qui allaient pourtant bien jusqu’ici. Photo : Gracieuseté de la Ferme Lise Charbonneau

« Si la tendance se maintient, on ne fera à peu près pas de profit. Ça arrive peut-être une fois aux sept ans », note l’agriculteur de Sherrington dont certains légumes-racines et quelques laitues sont encore à récolter. « On aura une idée plus claire quand tout sera fini pour de bon, mais pour l’instant, ça s’enligne pour être une année à oublier », se désole-t-il.

Les frais d’irrigation qu’il a dû assumer pendant la sécheresse cet été sont de 15 % supérieurs à une année normale, explique le producteur, en comptant l’énergie au diesel requise et les frais de main-d’œuvre pour l’installation de l’équipement. La météo peu clémente cette année a par ailleurs entraîné une baisse de rendement importante de ses oignons et de ses carottes. « Le marché est bon pour les oignons, les prix sont là, mais les rendements aux champs ne sont pas bons », soutient-il, ajoutant que 40 à 50 % de ses carottes ne sont « pas vendables », parce qu’elles sont « croches » ou en mauvais état. Les laitues qu’il a semées en moins grande quantité, par manque de main-d’œuvre, accusent quant à elles du retard avant d’arriver à maturité.   

40 hectares de cultures détruites par la grêle

De son côté, Jocelyn Dugas, un producteur de Lanaudière, craint de terminer l’année avec un déficit. « C’est la pire année que j’ai jamais connue », laisse-t-il tomber. Après avoir perdu 70 à 80 % de ses récoltes, en raison de la canicule, cet été, un épisode de grêle survenu le 10 octobre a détruit 40 hectares de choux, de navets et de betteraves. « Je ne sais pas si je pourrai les sauver », se désole le producteur de Saint-Roch-de-L’Achigan. « Ça allait bien pour mes choux, cette année, jusqu’à ce qu’il y ait de la grêle », précise-t-il, ajoutant au passage que ses récoltes de carottes et d’oignons sont ­particulièrement désastreuses.

Des hauts et des bas

Le directeur général de l’Association des producteurs maraîchers du Québec, Jocelyn St-Denis, constate que les producteurs sont particulièrement « débordés » et « brûlés » cette année. « Pour certains, 2020 est une bonne année. Pour d’autres, ça a été ordinaire, voire désastreux », soutient-il. Son organisation prévoit être en mesure de brosser un compte-rendu plus détaillé de la ­saison seulement à la fin novembre.


Le baume des prix avantageux

Si pour certains producteurs maraîchers, l’année 2020 est à oublier, elle s’avère « correcte », voire « dans la moyenne », pour d’autres. Bien qu’il ait encaissé des pertes de laitues et de brocolis, Olivier Barbeau constate que les prix avantageux pour ces légumes ont mis un baume sur sa saison.

« J’ai presque fini la récolte d’oignons jaunes. Les rendements ne sont pas terribles, mais peut-être que les prix seront bons pour ces légumes aussi », espère le producteur de Saint-Jean-Baptiste, en Montérégie. Quant à ses premières récoltes de carottes, elles n’ont guère été mieux, admet-il, avec les canicules de l’été. Celles qu’il a semées plus tard dans la saison et « qui s’en viennent », toutefois, devraient être de bonne qualité, anticipe-t-il.

Benoît Lauzon, producteur à Oka dans les Laurentides, s’attend quant à lui à des rendements « dans la moyenne ». Bien que les gels hâtifs en septembre aient abîmé ses récoltes de poivrons verts et de courges, et que la chaleur cet été ait brûlé une partie de ses choux-fleurs, il remarque lui aussi que les « bons prix » viennent compenser les volumes aux champs « ordinaires ».


Vous trouverez ce texte, ainsi que des compléments d’information dans notre édition du 21 octobre 2020.