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Bruno Roy a décidé de rendre l’autocueillette gratuite dans ses champs de bleuets cet été. Photo : Gracieuseté de la Bleuetière Duroy

Bruno Roy a décidé de rendre l’autocueillette gratuite dans ses champs de bleuets cet été. Photo : Gracieuseté de la Bleuetière Duroy

Tous ses bleuets envolés en trois heures

Le producteur de bleuets Bruno Roy, de Lévis, n’avait jamais connu autant de succès en une seule journée. À peine trois heures après avoir ouvert ses champs d’autocueillette gratuitement aux visiteurs, le 25 juillet, il ne restait plus rien.

« Je pense qu’on a eu 4500 personnes qui sont venues, raconte-t-il. Tout ce qui était bleu a été cueilli », ajoute celui qui avait peur de devoir laisser des baies aux champs cette année, faute de main-d’œuvre pour les cueillir. Les grandes chaleurs survenues dernièrement, note-t-il par ailleurs, laissent entrevoir un rendement particulièrement élevé cette saison. « On commence la saison deux semaines plus tôt que d’habitude, tellement il a fait chaud. Je préférais donner des bleuets plutôt que de risquer de les perdre. Moi, quand je fais quelque chose, je ne le fais pas à moitié. Et là, tout le monde parle de moi », témoigne le propriétaire de la Bleuetière Duroy, qui espère éventuellement dédier l’entièreté de sa production à l’autocueillette.

Cette année, il n’ouvre ses champs que trois samedis, soit le 25 juillet ainsi que les 1er et 8 août. Il compte donner tous ses petits fruits et ne faire aucun profit. Il ne fera même pas de vente en kiosque. « J’ai quatre compagnies. Je voulais faire plaisir aux gens. Et puis, ça me fait connaître pour les prochaines années », soutient celui qui accueille également les visiteurs avec des jeux gonflables et des friandises glacées pour les enfants.

Pas de service de transport, faute de cueilleurs

Bruno Roy, dont la production repose normalement à 50 % sur l’autocueillette et à 50 % sur la vente de bleuets en kiosque, avait engagé des cueilleurs québécois, l’an dernier, par l’entremise de la fédération régionale de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de la Capitale-Nationale‒Côte-Nord. « Cette année, je n’ai pas pu avoir de travailleurs comme l’an dernier, parce que l’UPA ne pouvait pas offrir le service de transport par autobus. C’était trop compliqué, avec la COVID-19 et les règles de distanciation. Pour 20 travailleurs, ça prend trois autobus, parce qu’on ne peut pas les remplir à pleine capacité », explique-t-il.

Joint par La Terre, le directeur régional de la fédération, Martin Chouinard, confirme que le service de transport n’était pas offert cette année pour amener les travailleurs recrutés pour les fermes du territoire, et risque de ne pas revenir les prochaines années. « On desservait, l’an dernier, la région de la Capitale-Nationale ainsi que Chaudière-Appalaches. Mais là, ça devenait compliqué avec la crise », indique-t-il, notant par ailleurs qu’il est plus difficile de trouver de la main-d’œuvre pour la cueillette que pour d’autres tâches à la ferme. « Pour aider les producteurs, cette année, on leur a fourni des noms de cueilleurs recrutés dans le passé, mais qui sont parfois dans l’impossibilité de se déplacer. Certains s’arrangent par leurs propres moyens avec ça. Il y a aussi des possibilités de covoiturage. Mais c’est toujours difficile de recruter des cueilleurs», soutient-il.

Rappelons que le service Agrijob, qui consiste à recruter de la main-d’œuvre de Montréal pour ensuite la transporter dans les fermes de l’extérieur, lui, est toujours en activité cette année.