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La récolteuse passe à cinq reprises dans le champ au fil des semaines de récolte afin de cueillir les feuilles de tabac à mesure qu’elles mûrissent. Photos : Geneviève Quessy

La récolteuse passe à cinq reprises dans le champ au fil des semaines de récolte afin de cueillir les feuilles de tabac à mesure qu’elles mûrissent. Photos : Geneviève Quessy

Toujours du tabac dans Lanaudière

Même s’il est le seul à produire encore du tabac au Québec, Robin Janson est loin de jeter l’éponge. Il a de la relève pour sa ferme et compte bien semer son champ l’an prochain, qui sera jaune de tabac pour la 81e année.

Il vient d’ailleurs d’investir en achetant une récolteuse. Du début d’août à la fin de septembre, la plateforme qui se conduit seule a sillonné les champs pour récolter les feuilles à mesure qu’elles mûrissaient sur le plant, de bas en haut. « Au lieu de 11 personnes pour récolter, ça en prend 4 avec cette machine », explique Robin Janson, dont les employés sont tous des travailleurs étrangers.

Robin Janson met le tabac au séchoir durant 7 à 10 jours à une température entre 95 et 160 °C.

Robin Janson met le tabac au séchoir durant 7 à 10 jours à une température entre 95 et 160 °C.

Après 7 à 10 jours de séchage, le tabac jaune sera mis en ballots de 700 lb. Le produit se vendra entre 2 et 3 $/lb.

Pendant l’été, dans ses champs de L’Assomption, dans Lanaudière, les plants de tabac jaune aux larges feuilles s’étendent à perte de vue sur 70 acres. Ce paysage très commun autrefois dans la région ne se retrouve plus que chez les Janson.

Au début des années 2000, 57 des 60 producteurs de tabac actifs au Québec se trouvaient dans Lanaudière, selon le ministère québécois de l’Agriculture. Toutefois, en 2003, quand les cigarettiers ont choisi de se tourner vers le tabac des pays du tiers monde, moins cher, tous les producteurs se sont reconvertis, sauf Robin Janson. « Ma vie, c’est le tabac. Je n’ai jamais eu envie de faire autre chose », plaide-t-il.

De père en fils

Après son grand-père et son père, il a cultivé sa terre en tabac et son fils compte faire la même chose que lui. « On sème du seigle à l’automne. C’est devenu une parfaite terre à tabac, égalisée, bien équilibrée, avec un taux de matière organique idéal », mentionne Robin Janson.

Son fils Jocelyn, 20 ans, a hâte de s’y investir pleinement. « Je prépare un diplôme d’études professionnelle en mécanique industrielle. Ça va me donner un plan B en cas de besoin et c’est quand même utile pour la ferme. Par contre, je pars à l’école et je n’arrête pas de penser à ce que je vais faire en revenant le soir. Ma tête est ici. »

Si Robin Janson a réussi à tirer son épingle du jeu alors que tous les autres avaient abandonné, c’est parce qu’il vendait son tabac à Imperial Tobacco pour la cigarette Édition Québec. Pourtant, l’an dernier, il a changé son fusil d’épaule. « La compagnie a été vendue à une société brésilienne. J’ai senti la soupe chaude et j’ai trouvé une autre opportunité. » Désormais, son tabac est vendu à l’encan en Caroline du Nord et pourrait se retrouver n’importe où dans le monde.