fbpx
Équiterre croit que l'enjeu de la santé des sols est mûr pour être au centre des prochaines politiques et programmes qui seront mis en place dans les prochaines années. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

Équiterre croit que l'enjeu de la santé des sols est mûr pour être au centre des prochaines politiques et programmes qui seront mis en place dans les prochaines années. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

Santé des sols agricoles : les pistes de solutions d'Équiterre

Pressentant l’urgence de la situation jumelée avec une récente prise de conscience dans l’industrie, Équiterre dévoilera ce 1er mars un rapport sur la santé des sols agricoles, mais surtout, des recommandations pour en assurer la pérennité.

Nadine Bachand. Photo : Myriam Baril Tessier

Nadine Bachand. Photo : Myriam Baril Tessier

« Il faut agir rapidement, car les sols sont malades. Dans l’est du pays, notamment au Québec, ils ont subi une dégradation importante de leurs matières organiques dans les dernières décennies », avance Nadine Bachand, analyste principale en agriculture et alimentation chez Équiterre.

Ce rapport intitulé Le pouvoir des sols – Une feuille de route au profit des agriculteurs et de la résilience climatique est le fruit de recherches et de rencontres avec des experts, des chercheurs, des agronomes et des agriculteurs. « Nous voulions que ce devienne un outil collectif, alors on l’a fait valider par les gens du milieu », poursuit-elle.

Sa publication survient alors que le gouvernement fédéral est à élaborer les nouveaux paramètres du Partenariat agricole canadien qui entrera en vigueur en 2023 et que Québec dévoilait l’automne dernier son plan d’agriculture durable. Dans les deux cas, Équiterre croit que l’enjeu de la santé des sols est mûr pour être au centre des prochaines politiques et programmes qui seront mis en place dans les prochaines années.

« Une des barrières qu’on a observées dans nos rencontres, c’est la perception des coûts reliés à l’adoption de bonnes pratiques pour assurer la santé des sols. On croit que c’est plus coûteux alors que souvent, c’est même l’inverse parce que ça peut améliorer les rendements », relève Nadine Bachand.

Néanmoins, Équiterre estime que les gouvernements ont la responsabilité d’encourager ce changement en révisant leurs programmes de gestion de risque. « Il faut un meilleur soutien pour l’innovation, des rabais sur les primes d’assurance pour les agriculteurs qui adoptent des pratiques bénéfiques », énumère l’analyste. Pour démontrer que les solutions proposées par son regroupement sont en phase avec la réalité du terrain, Nadine Bachand souligne que récemment, le comité permanent des finances à Ottawa a retenu la proposition d’Équiterre qui suggérait au gouvernement d’accompagner les agriculteurs vers la transition de pratiques agricoles plus sobres en carbone.

Le rapport contient néanmoins des recommandations qui pourraient déplaire au milieu agricole, notamment celle de favoriser les cultures fourragères pérennes au détriment des cultures annuelles, plus demanderesses en engrais et en phytocides. À propos des fertilisants à base d’azote qui sont en augmentation de 30 % depuis 40 ans sur les terres agricoles, Équiterre les qualifie « d’éléphant dans la pièce » tout en rappelant que le ministère de l’Agriculture veut en réduire l’utilisation de 15 % d’ici 10 ans.

« Toute la question de l’accompagnement, du transfert de connaissances, de la formation autant auprès des agriculteurs que des agronomes-conseils, il faut que ce soit le plus possible public pour en assurer l’indépendance », conclut Nadine Bachand.

Bernard Lepage, collaboration spéciale