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Les salaires représentent environ le tiers des dépenses d’exploitation totales des entreprises pomicoles. (Archives/TCN)

Les salaires représentent environ le tiers des dépenses d’exploitation totales des entreprises pomicoles. (Archives/TCN)

Salaire minimum: les pomiculteurs veulent être dédommagés

Après avoir essuyé un premier refus de Québec pour atténuer l’impact de la hausse du salaire minimum, les Producteurs de pommes du Québec (PPQ) reviennent à la charge.

Lors de leur assemblée générale annuelle du 23 janvier, les PPQ ont adopté à l’unanimité une résolution visant à poursuivre les discussions en ce sens par l’entremise de la Table horticole de l’Union des producteurs agricoles (UPA). Plus concrètement, les membres demandent une mesure d’atténuation temporaire afin d’absorber l’augmentation des salaires supérieure à l’inflation.

Le salaire minimum, qui passera à 13,10 $ l’heure le 1er mai, représente une augmentation de 22 % depuis 2016 alors que l’inflation a été d’environ 5 % pour la même période. « On ne laissera pas tomber le morceau parce que [le ministre Lamontagne] nous a dit non une première fois, au printemps dernier », affirme Daniel Ruel, directeur général des PPQ.

Ce dernier indique que depuis, la Table horticole a présenté plusieurs propositions au gouvernement, dont celle d’obtenir un crédit d’impôt sur la masse salariale. Dans la filière pomicole, les salaires représentent environ le tiers des coûts de production.

Daniel Ruel

Daniel Ruel

Forte concurrence

Des représentants du ministère des Finances ont été rencontrés au cours des derniers mois. « Ils sont conscients que dans le secteur agricole, contrairement à d’autres secteurs, on ne peut pas virer de bord et refiler la facture aux consommateurs », estime M. Ruel. Les fruits locaux sont fortement concurrencés par ceux qui sont importés et produits à moindre coût, rappelle Stéphanie Levasseur, présidente des PPQ.

Dans son discours devant l’assemblée, le président général de l’UPA, Marcel Groleau, a souligné les efforts déployés par la Table horticole. « Je crois qu’il ne faut pas lâcher dans ce dossier-là. On y travaille fort et il faut continuer à peaufiner nos arguments », a-t-il dit. Le président a d’ailleurs évoqué l’absence de règles de réciprocité aux frontières du pays, ce qui crée des iniquités entre la valeur des fruits importés et ceux qui sont locaux.

Meilleure surveillance

D’ailleurs, les PPQ ont adopté une résolution pour demander au gouvernement fédéral d’appliquer aux produits importés le même encadrement légal et réglementaire que celui exigé aux producteurs canadiens en ce qui a trait aux pesticides.

L’organisation presse aussi Ottawa de mettre en place les structures nécessaires de surveillance pour s’assurer que les produits importés ne contiennent pas de résidus de pesticides non homologués au Canada.

2018, une année à oublier

La valeur des ventes des quatre principales variétés de pommes (McIntosh, Cortland, Spartan et Empire) a diminué de 2 % en 2018, comparativement à la moyenne comptabilisée sur 10 ans. Et malgré une hausse des volumes vendus pour la McIntosh, son prix moyen a tout de même chuté de 11 %.

Si le printemps tardif a nui à la qualité des pommes cette année-là, surtout en termes de fermeté, les producteurs ont tout de même réussi à écouler de meilleurs volumes qu’en 2017, soit 42 millions de kilos. Ces quantités sont par contre demeurées plus faibles que la moyenne des cinq saisons antérieures, se situant autour de 45 millions de kilos.

La présidente des Producteurs de pommes du Québec, Stéphanie Levasseur, se montre plus optimiste pour la saison 2019. « C’est mieux parti pour cette année. On a une fermeté exceptionnelle », remarque-t-elle.

 

L’après-ASRA

Au cours du mois de mars, les Producteurs de pommes du Québec (PPQ) devront soumettre des propositions à La Financière agricole du Québec pour tenter de récupérer les 1,6 M$ versés par l’organisme gouvernemental dans le programme d’assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA).

Cette décision survient alors que la majorité des pomiculteurs ont décidé d’abandonner l’ASRA pour se tourner vers Agri-Québec et Agri-Québec Plus l’an dernier. Le comité de la sécurité du revenu des PPQ a maintenant le mandat de présenter à la Financière un ou des programmes d’investissement qui permettraient de réaffecter cette somme. L’ensemble des producteurs, y compris ceux qui n’étaient pas couverts par l’ASRA au préalable, seront ensuite admissibles aux appels de candidatures, souligne Jennifer Gagné, agente de recherche et d’information des PPQ. Les détails du ou des nouveaux programmes devraient être connus d’ici la prochaine récolte.