Cette récolte pourrait bien faire perdre au Québec son titre de 2e région productrice de canneberges du monde au profit du Massachusetts. Crédit photo : Karine Lapatrie

Cette récolte pourrait bien faire perdre au Québec son titre de 2e région productrice de canneberges du monde au profit du Massachusetts. Crédit photo : Karine Lapatrie

Rendements décevants dans la canneberge

Il est trop tôt pour dresser le bilan de la saison 2017 de canneberges, mais on s’attend à une diminution d’au moins 25 % des volumes récoltés en culture conventionnelle et d’au moins 30 % en régie biologique.

Avec 275 millions de livres récoltées, la saison 2016 avait été « fulgurante », explique la directrice générale de l’Association des producteurs de canneberges du Québec, Monique Thomas.

Elle n’a pas tous les chiffres pour dresser un bilan puisque certains producteurs termineront leur récolte cette semaine, mais elle estime que le volume récolté devrait atteindre tout au plus 240 millions de livres, un chiffre qui pourrait bien faire perdre au Québec son titre mondial de 2e région productrice de canneberges au profit du Massachusetts.

Cycle et température

Les facteurs expliquant ces résultats sont multiples, explique Mme Thomas. Elle souligne d’abord que les plants suivent un cycle. Après une récolte « fulgurante », la récolte suivante est souvent qualifiée de « normale ». « Mais je ne suis pas sûre de qualifier cette année de normale », renchérit Mme Thomas.

La période de pollinisation n’a pas été optimale. La pluie de juillet n’a pas permis aux abeilles de faire correctement leur travail. De plus, le froid de la fin août qui avait commencé à faire rougir les fruits a été suivi d’une canicule de trois semaines en septembre. « Ça a pris énormément de temps avant d’avoir de la couleur; plus de temps que d’habitude », indique Mme Thomas.

Le bio au défi

Sur près de 10 000 acres de canneberges en culture au Québec, un tiers des superficies sont certifiées biologiques et plus de 1 100 acres sont en transition vers le biologique.

Or, les rendements sont moins élevés en régie biologique qu’en régie conventionnelle, indique la directrice générale. Rappelons qu’en période de transition, les fruits sont cultivés sous régie biologique pendant trois ans, mais sont vendus au prix du conventionnel. Les producteurs assument donc un coût de production plus élevé sans pouvoir recevoir le prix du bio. « C’est très, très difficile pour eux », témoigne Mme Thomas, d’autant plus que le programme Agri-stabilité ne « déclenchera » pas cette année, notamment à cause des bas prix qui perdurent depuis trop longtemps dans la canneberge. L’an dernier, les volumes élevés ont sauvé la mise pour les producteurs, mais ce ne sera pas le cas cette année.

Le bilan réel de la récolte sera disponible au début décembre.