Érick Ménard n’a jamais effectué la récolte de maïs aussi tardivement. Il espère que la neige fondra pour faire de même dans deux champs de soya. Crédit photo : Gracieuseté d’Érick Ménard

Érick Ménard n’a jamais effectué la récolte de maïs aussi tardivement. Il espère que la neige fondra pour faire de même dans deux champs de soya. Crédit photo : Gracieuseté d’Érick Ménard

Récolter le maïs un 13 décembre par -15 °C

L’hiver est arrivé trop tôt cette année, assurent des producteurs de grandes cultures contactés par La Terre. Ils n’ont pas eu le temps de récolter tout le maïs et des pertes importantes pourraient survenir dans le soya laissé au champ.

Près de Valcourt, Érick Ménard a procédé le 13 décembre à la récolte d’un champ d’une quinzaine d’hectares (ha) de maïs, une première pour lui. « On reprend le travail commencé il y a 15 jours », raconte-t-il. Il estime que les pertes de rendement pourraient atteindre 10 % en raison de la verse. Les chevreuils, ratons laveurs et dindons ont également eu le temps de manger plus d’épis, « rien pour aider aux rendements », lance l’entrepreneur à forfait. Le froid l’oblige aussi à dégeler le système de chaînes de son cueilleur à maïs avec du lave-glace. Sans oublier qu’il a récemment changé ses roues de moissonneuse par un froid de -15 °C. « Sans garage chauffé, disons que ça prend des bons gants », dit-il sans trop s’en faire.

Difficile pour le soya

Les récoltes de soya encore au champ inquiètent davantage. Deux des clients d’Érick Ménard avaient décidé de les reporter en raison d’un manque d’espace d’entreposage. Mais les flocons tombés rendent la situation critique puisque même si la neige fond, les gousses affaissées pourraient être difficiles à récolter. De plus, contrairement aux grains de maïs, la fève de soya tend à se gorger d’eau, ce qui pourrait pénaliser les producteurs.  

En Montérégie, Marc-André Chaput a 80 ha de soya qui attendent sous la neige depuis près d’un mois. « La batteuse a brisé et le temps qu’on la répare, il a neigé. Depuis, on attend. Mais lorsque ça va fondre, on va être agressifs sur le battage, ça, c’est sûr! » indique l’agriculteur de Varennes, qui possède plus de 1 000 ha en cultures de soya et de maïs. D’autres producteurs des environs vivent la même situation.