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Le nutrichaulant Catalis, d’Agro-100, est fabriqué à partir des résidus des réacteurs de Rio Tinto Fer et Titane à Sorel-Tracy. Crédit photo : Gracieuseté d’Agro-100

Le nutrichaulant Catalis, d’Agro-100, est fabriqué à partir des résidus des réacteurs de Rio Tinto Fer et Titane à Sorel-Tracy. Crédit photo : Gracieuseté d’Agro-100

Quoi de neuf dans le domaine de la fertilisation?

Le lancement de nouveaux produits dans le domaine de la nutrition végétale se fait au compte-gouttes. Des années de tests sont nécessaires à leur élaboration et l’ultime étape de l’homologation des nouveautés par les autorités réglementaires s’avère tout aussi fastidieuse.

Synagri s’inspire des probiotiques

Chez Synagri, on mise beaucoup sur les premiers résultats obtenus par la technologie Biosyn, qui consiste à appliquer des micro-organismes sur les granules de fertilisant, un peu sur le même principe que les probiotiques dans le yogourt par exemple. « Cela contribue à diminuer le stress des racines et conséquemment, à augmenter leur efficacité à prélever les éléments nutritifs du sol », explique Éric Dionne, directeur principal des ventes. Le produit est déjà commercialisé chez des producteurs de pommes de terre, qui ont enregistré des hausses de rendement de 15 %. « Nous menons des tests à notre ferme de recherche pour l’appliquer aux autres types de culture », précise-t-il.

Synagri a développé Biosyn sur le même modèle que Microsyn, un concept lancé en 2015 et qui consiste à enrober l’ensemble des granules de fertilisant (azote, phosphore et potassium) d’une solution liquide contenant les éléments mineurs (zinc, bore, cuivre et manganèse). Expédiés sous forme de granules, ces éléments mineurs étaient très mal répartis dans le champ. Avec Microsyn, chaque granule a sa propre dose d’éléments mineurs.

Agro-100 s’associe à Rio Tinto

Du côté d’Agro-100, Stéphane Beaucage prévoit que son produit Catalis prendra véritablement son envol en 2019. Le nutrichaulant lancé au début de l’année 2018 est fabriqué dans les réacteurs de Rio Tinto Fer et Titane à Sorel-Tracy. « Le produit résiduel de ces réacteurs donne un excellent chaulant hydraté très fortement chargé en soufre et en calcium, ce qui est un excellent fertilisant », explique le PDG de l’entreprise de Joliette.

Catalis a été tellement populaire auprès des agriculteurs l’automne dernier qu’Agro-100 a eu peine à répondre à la demande. « Depuis que nous avons moins de pluies acides au Québec, les banques de soufre dans le sol sont très faibles. Catalis vient pallier ce phénomène », souligne M. Beaucage.

Les biostimulants de La Coop fédérée

Le conseiller agronomique en fertilisant et phytoprotection des grandes cultures pour le réseau Coop François Labrie recommande de plus en plus l’emploi de biostimulants de concert avec les fertilisants. Il affirme : « Organic Ocean, de Rimouski, a développé depuis deux ans une gamme de produits intéressants à partir d’extraits d’algues comme Asco-Root [supplément granulaire à technologie de libération contrôlée], Stimulagro [extrait liquide recommandé pour les cultures maraîchères et fruitières] et Tonic [engrais liquide pour les cultures légumières et grandes cultures] qui ont pour effet de prolonger la conservation des éléments fertilisants et d’améliorer la tolérance des plantes aux facteurs de stress comme la sécheresse et la chaleur. »

William Houde tout près du fil d’arrivée

Quant à William Houde, filiale canadienne du géant français Roullier, son directeur général Abderrezak Khedim explique que de nouveaux fertilisants sont en instance de recevoir les approbations des autorités, mais qu’il ne prévoit pas leur arrivée cette année. « Nous sommes à la phase des enregistrements et c’est une étape très longue », souligne le dirigeant de l’entreprise basée à Saint-Simon, en Montérégie.

Bernard Lepage, journaliste