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William Overbeek inspecte la progression des semis sur sa parcelle expérimentale de Sainte-Madeleine. Sur la photo, un plan de mélilot, semé par drone au printemps. Photo : Claude Fortin

William Overbeek inspecte la progression des semis sur sa parcelle expérimentale de Sainte-Madeleine. Sur la photo, un plan de mélilot, semé par drone au printemps. Photo : Claude Fortin

Progression des plantes de couverture semées par drone

SAINTE-MADELEINE – Le champ de soya dans lequel il marche montre des signes de maturité. Les feuilles des plants se raréfient et les fèves brunissent. En y regardant de plus près, William Overbeek remarque des pousses de trèfle entre ses rangs. C’est le résultat de l’expérience de plantes de couverture semées par drone aux Fermes Overbeek, près de Saint-Hyacinthe, en Montérégie.

« Dans le champ, on a testé trois espèces différentes de trèfle, le lotier, le mélilot et le trèfle blanc, pour voir laquelle s’implanterait le mieux », explique le producteur. « Notre but, c’est d’avoir une couverture du sol avec des plantes vivantes, en tout temps. Le trèfle vient fixer l’azote dans le sol et ça, c’est très bon pour la culture de l’année prochaine, le maïs-grain », ajoute celui qui est agronome et étudiant au doctorat en science de l’environnement.

L’idée derrière l’expérience menée sur 15 hectares de champ de soya consiste à voir si le drone représente un moyen efficace pour semer des plantes de couverture, tôt en saison, afin d’éviter d’entrer en champ avec de la machinerie. Pour le moment, le mélilot (trèfle jaune) montre un potentiel intéressant, mais il faudra attendre l’an prochain pour repérer la variété la mieux adaptée, souligne M. Overbeek, qui surveillera la survie à l’hiver. Il prévoit toutefois pouvoir mesurer l’efficacité réelle de son expérience seulement l’automne prochain. « La grande réponse va être à la fin de l’été 2022, lorsqu’on verra l’effet du traitement sur le rendement du maïs », conclut-il.

Et pourquoi pas le seigle?

William Overbeek a aussi tenté l’expérience de semer du seigle sur une petite parcelle d’un champ de maïs que cultive l’entreprise familiale. « Le principal problème avec le semis de seigle, c’est qu’à la mi-septembre, c’est le moment idéal pour le semer, mais on en est incapables parce que le maïs est trop grand. C’est impossible d’aller dans le champ avec un tracteur puis, après la récolte, c’est trop tard pour semer du seigle », souligne le jeune producteur de 24 ans. L’utilisation du drone offre l’avantage de contourner cette difficulté, mais la capacité de chargement de l’appareil autorisée par Transport Canada permet difficilement d’envisager ce moyen, pour le moment. « Il y a beaucoup de défis encore. Le seigle est une céréale. Il faut un très grand taux de semis, environ 90 kilos à l’hectare. Le drone lève huit kilos de semences au maximum. Donc pour faire un hectare, il faudrait dix chargements. Sur une terre comme celle devant nous, qui fait 30 hectares, 300 chargements, ça ne se fait pas en une journée », analyse le ­producteur-chercheur.

Claude Fortin, collaboration spéciale