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Depuis les mesures annoncées par le gouvernement à l’automne 2019 pour stimuler la production en serre, plus de 300 demandes ont été déposées. Photo : Bernard Lepage

Depuis les mesures annoncées par le gouvernement à l’automne 2019 pour stimuler la production en serre, plus de 300 demandes ont été déposées. Photo : Bernard Lepage

Production en serre : Plus de projets… mais plus onéreux

La volonté affichée du gouvernement du Québec de doubler le volume de culture en serre d’ici 2025 semble se refléter sur le terrain, mais les défis sont encore nombreux avant d’arriver à bon port.

C’est ce qui ressort d’un des ateliers présentés lors du 2e Grand Colloque Agtech 2021 en octobre dernier et qui portait sur les enjeux et opportunités de l’industrie de la culture intérieure au Québec.

Les aides financières rendues disponibles par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) pour stimuler l’augmentation de la production ont en tout cas suscité de l’intérêt dans l’industrie. « Au-delà de 300 demandes ont été déposées dans le cadre de ces programmes », évalue Claude Laniel, directeur général des Producteurs en serre du Québec. Il ajoute toutefois que la pandémie et ses conséquences sur les coûts de construction, des matériaux et du transport ont fait gonfler la facture des projets d’environ 20 %. 

Claude Laniel souhaite cependant que les petits producteurs ne soient pas oubliés dans cet élan vers la croissance. « Présentement, l’accent est mis sur le développement de robots pour des grandes serres, mais il faudrait regarder pour les adapter à de plus petites surfaces. »

Richard Dorval, président et chef des opérations chez Savoura, confirme que les programmes du MAPAQ et d’Hydro-Québec pour réduire la facture énergétique des serriculteurs ont eu leur effet sur l’entreprise. « Ça nous aide à faire des choix. Plus d’éclairage, ça veut dire plus de production et plus de rentabilité. » Il souligne que l’énergie verte de la société d’État est un facteur distinctif non négligeable pour les producteurs québécois. « Pour de grosses serres comme chez nous, c’est certain qu’on ne peut se chauffer avec l’hydroélectricité. Mais mon rêve, c’est qu’Hydro puisse développer des programmes qui permettraient que 30 à 50 % de notre consommation passe par cette énergie-là. »

Richard Dorval, président et chef des opérations chez Savoura. Photo : Archives/TCN

Richard Dorval, président et chef des opérations chez Savoura. Photo : Archives/TCN

L’achat local, là pour rester

La directrice des communications des Fermes Lufa, Yourianne Plante, a rappelé le success-story de l’entreprise qui a aménagé sur des toits en milieu urbain des serres totalisant 300 000 pieds carrés, soit l’équivalent de plus de six terrains de football. Elle a évoqué les possibilités qu’offraient les centres commerciaux pour prendre de l’expansion dans le futur. « Avec la pandémie, on a atteint un rythme de près de 30 000 paniers de légumes par semaine. La hausse s’estompe depuis quelque temps, mais on croit que le phénomène de l’achat local est là pour rester au Québec. Il n’y aura pas de retour en arrière », déclare-t-elle, ajoutant que l’aspect local passe maintenant devant les considérations santé, bio et responsable chez le consommateur.

Start-up ayant développé le concept de ferme verticale cultivant des plantes dans un environnement hypercontrôlé (25 paramètres), HRVST et son directeur du développement des affaires, Vincent Paradis, étaient également de la partie. « Nous ne sommes pas là pour remplacer les serres, mais plutôt complémentaires », a-t-il précisé d’entrée de jeu. Présentement, les recherches sur les fermes verticales sont concentrées sur la pousse des plantes, mais éventuellement, l’accent devra être mis sur l’avant et l’après. « On n’a pas nécessairement l’expertise pour ça. On cherche des partenariats pour couvrir ces aspects-là. Nous, on a développé un environnement qui s’adapte à la plante et non l’inverse », a-t-il conclu.