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Pas moins de 45 000 plants ont été jetés après un bris mécanique de la fournaise des Serres Hydro-Tourville. Photo : Gracieuseté de Simon Caya

Pas moins de 45 000 plants ont été jetés après un bris mécanique de la fournaise des Serres Hydro-Tourville. Photo : Gracieuseté de Simon Caya

Prêts à foncer après avoir perdu leur production

Un problème mécanique de la fournaise a forcé les copropriétaires des Serres Hydro-Tourville, Normand Caya et Madeleine Houle, à jeter 45 000 plants de légumes et de fines herbes au début du mois de février, soit la quasi-totalité de leurs cultures. Une fumée très dense qui s’est formée à la suite du bris s’est frayée un chemin jusqu’aux serres et a contaminé la production. Six semaines après ce dur coup, néanmoins, le couple « se relève et fonce » droit devant.

« Il a fallu arrêter temporairement la vente de nos produits pour resemer. Nous les commercialisons normalement à l’année, au fur et à mesure, quand ils sont prêts. Mais là, on a été obligés de tout mettre en pause parce qu’on n’avait plus rien », raconte le serriculteur de Drummondville, qui évalue les pertes financières rattachées à cette malchance à 100 000 $.

« C’est la première fois en 33 ans qu’on vit ça. Nos laitues avaient un goût d’huile », se souvient-il, assurant que « ça a fait très mal » lorsqu’il a compris l’ampleur des dégâts. Mais sa conjointe et lui n’ont pas baissé les bras.

Manches retroussées

Lorsque La Terre l’a contacté le 10 mars, le couple de serriculteurs était parvenu, après un travail acharné, à faire pousser 30 000 nouveaux plants, dont certains allaient être prêts à livrer aux clients dès cette semaine. « On va recommencer tranquillement la vente de nos produits et on va réembaucher la ressource qu’on a dû mettre à pied temporairement », a soutenu M. Caya, qui voit enfin la lumière au bout du tunnel. « Ç’a été une épreuve, mais on n’a jamais lâché. On voit le positif qui s’en vient. »

Avec la volonté de soutenir leurs parents, les quatre enfants de Normand Caya et Madeleine Houle ont organisé, en février, une campagne de sociofinancement par l’entremise de la plateforme GoFundMe. L’objectif était d’amasser 25 000 $. « On a atteint notre objectif. On l’a même dépassé », affirme Simon Caya, l’un des fils du couple. « C’est vraiment beau à voir, la solidarité des gens quand c’est le temps d’aider une petite entreprise qui cultive des produits locaux », ajoute-t-il.

De fil en aiguille, la communauté d’affaires de la région s’est elle aussi mobilisée pour soutenir les Serres Hydro-Tourville. Le couple de propriétaires a même reçu un coup de fil du ministre de l’Agriculture du Québec et député de Johnson, André Lamontagne, le 2 mars.

« Il nous a appelés personnellement pour nous demander comment on allait; on n’en revenait pas », raconte Normand Caya. « On ne s’attendait pas à autant d’aide. On recevait des chèques d’entreprises de la région; c’était gênant. On ne voulait pas de charité », ajoute-t-il, admettant toutefois avoir été impressionné et touché par la générosité des gens.

Nouvelle plateforme de sociofinancement agricole

La plateforme de sociofinancement Ma belle terre, destinée aux projets en agriculture et en alimentation, a vu le jour récemment. Ainsi, les producteurs qui démarrent et qui ont besoin d’un coup de pouce ou encore ceux qui sont bien établis et qui veulent tester un nouveau produit peuvent se tourner vers le site mabelleterre.org. En échange des dons de la communauté, l’entreprise doit offrir une « contrepartie » qui peut notamment prendre la forme d’une expérience à la ferme, d’un séjour dans un gîte ou d’un panier de denrées produites en primeur grâce aux fonds récoltés.