Les fondateurs de l’exploitation Fruivolante – Ferme de ville, Prakash Patel et Angélica Castoun-Puckett, souhaitent approvisionner les marchés publics, les restaurants et les épiceries dès leur prochaine récolte. Photo gracieuseté de la ferme Fruivolante

Les fondateurs de l’exploitation Fruivolante – Ferme de ville, Prakash Patel et Angélica Castoun-Puckett, souhaitent approvisionner les marchés publics, les restaurants et les épiceries dès leur prochaine récolte. Photo gracieuseté de la ferme Fruivolante

Une première formation en agriculture urbaine commerciale

MONTRÉAL — « Je ne viens pas vous expliquer comment faire un élevage de quelques poules en ville ou un jardin dans des bacs.»

«Aujourd’hui, l’agriculture urbaine n’est plus seulement un passe-temps », a indiqué d’emblée Luc De Grâce, agroéconomiste à la Fédération de l’UPA d’Outaouais-Laurentides, devant la trentaine d’entrepreneurs réunis au Jardin botanique en décembre, désireux de suivre la toute première formation commerciale en agriculture urbaine offerte par l’Union des producteurs agricoles (UPA).

Angélica Castoun-Puckett.

Angélica Castoun-Puckett.

Démarrage

En 2017, l’entreprise Fruivolante – Ferme de ville ne cultivait que 300 pi2 de jardins à Montréal, mais avec la prochaine récolte estivale, les fondateurs Prakash Patel et Angélica Castoun-Puckett souhaitent approvisionner les marchés publics, les restaurants et les épiceries.  

Les conseils de l’expert ont été nombreux et pertinents pour aiguiller les participants dans leurs démarches de projets urbains. Ce qu’ils en retiennent? Qu’il est important de cibler les objectifs de son entreprise, d’exploiter ses propres connaissances et d’avancer étape par étape. « Au début, on a envie de tout faire. Mais on doit commencer par un projet réaliste », mentionne Angélica, agronome diplômée de l’Université Laval. 

Les deux partenaires d’affaires profitent de la « basse saison » pour faire des tests de culture hydroponique en serre. Selon leurs prévisions, l’entreprise devrait être lucrative à la troisième année d’exploitation.

Admissibilité

Ce que M. De Grâce enseigne rappelle à Prakash et à Angélica des notions qu’ils viennent d’apprendre puisqu’ils participent également au programme d’encadrement des travailleurs autonomes d’Emploi-Québec, le Service d’aide aux jeunes entrepreneurs (SAJE). Cependant, à l’étape de la recherche de financement, les références au monde agricole ont retenu leur attention. « On allait contacter La Financière agricole du Québec et le ministère de l’Agriculture, mais on n’était pas sûrs [d’être admissibles] », dit Angélica. 

Même son de cloche du côté de Maxime Dufresne-Gagnon. L’horticulteur déjà bien impliqué dans le milieu agricole urbain veut lancer sa propre entreprise de semences de plantes rares, mais les programmes de la Financière ne sont pas adaptés à ses besoins. 

Luc De Grâce répond qu’effectivement, les exploitations qui se développent à Montréal sont diversifiées et souvent spécialisées. « Il existe d’autres ressources comme le ministère de l’Agriculture ou le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec, qui offre le programme Agro-Démarrage », explique l’agroéconomiste à La Terre.

Intérêt

Angélica note que l’intérêt des instances agricoles est de plus en plus marqué pour les entrepreneurs de son calibre, ce qui fait progresser le développement de son type d’agriculture. D’ailleurs, si la formation au Jardin botanique est présentée par l’UPA, elle a cependant été préparée conjointement par le ministère de l’Agriculture et le Groupe de travail en agriculture urbaine. « Ce qui est intéressant, c’est que les organismes communiquent entre eux », fait remarquer M. De Grâce. Une collaboration qui pourrait éventuellement mener à la création d’une table filière. Qui sait?