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En 2018, 430 entreprises œuvraient en grandes cultures bio, alors qu’elles étaient 114 en 2002. Crédit photo : CETAB

En 2018, 430 entreprises œuvraient en grandes cultures bio, alors qu’elles étaient 114 en 2002. Crédit photo : CETAB

Pour une transition biologique bien planifiée

Pour les entreprises de grandes cultures, s’engager dans une transition vers l’agriculture biologique génère de nouvelles occasions d’affaires, mais cela comporte aussi des risques. En 2018, 430 exploitations œuvraient en grandes cultures bio alors qu’elles étaient 114 en 2002.

Avant qu’on puisse se lancer, les agronomes en gestion agricole du Centre d’expertise et de transfert en agriculture (CETAB+) suggèrent de suivre trois étapes.

1 – Comprendre la régie et la structure des revenus et des dépenses.

Pour les principales cultures, les prix dans le bio sont élevés et stables. Le maïs-grain et le soya présentent des marges bénéficiaires très intéressantes, mais il est indispensable d’effectuer des rotations en intégrant des cultures de céréales adaptées aux sols, au climat et à la région. Bien que les dépenses directes d’opération avant main-d’œuvre soient plus faibles en régie biologique qu’en régie conventionnelle, les charges indirectes et les coûts de possession rapportés par culture y sont plus élevés. Les besoins en main-d’œuvre sont aussi plus importants. Rapportés sur un an, il faut consacrer 17 h/ha en bio alors que les besoins sont de 9 à 13 h/ha pour le conventionnel.

2 – Estimer ses revenus et ses dépenses lors de la période de transition.

Si les marges par hectare et par tonne sont avantageuses sous régie biologique, selon les références, il est essentiel d’établir un scénario adapté à l’entreprise pour bien planifier la transition. C’est d’autant plus important que pendant cette période, les prix du marché sont moindres et l’on doit réaliser des investissements additionnels et prévoir plus de temps d’apprentissage.

Pour bien évaluer sa capacité financière, il faut d’abord brosser un portrait juste de la situation de départ en établissant ses revenus et ses charges de production. Il faut particulièrement s’assurer de connaître ses rendements réels et ses coûts d’opérations culturales qui incluent l’entretien, les réparations et le carburant.

Le budget de transition réaliste tiendra notamment compte des choix de cultures et de rotation, des investissements prioritaires, des coûts pour la fertilisation organique et du potentiel de rendement par culture.

3 – Affiner votre analyse avec des outils et des ressources en gestion.

Pour effectuer une analyse efficace, il est recommandé de consulter les références économiques telles que l’Agreement of Differential Expression Analysis (AGDEX) du Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ) les plus récentes. Aussi, l’outil d’évaluation Tran$ition Bio Express permet une évaluation sommaire et rapide des investissements requis et des marges bénéficiaires en régie biologique.

L’analyse économique d’un conseiller en gestion aidera à planifier les différents aspects d’un projet. Le conseiller peut notamment évaluer l’impact marginal de la transition (budget partiel) en plus d’aider à planifier les besoins en liquidités.

Le site Web VirageBio (viragebio.craaq.qc.ca) a d’ailleurs été conçu pour les producteurs qui souhaitent obtenir de l’information sur les différentes cultures. Il rassemble l’ensemble des renseignements les plus à jour ainsi que les étapes d’un processus de conversion vers l’agriculture biologique.

Enfin, il peut être avantageux de vérifier son admissibilité aux programmes d’aide (ministère de l’Agriculture, La Financière agricole du Québec, réseaux Agriconseils) à la conversion biologique. 

Anne Le Mat, agronome, Centre d’expertise et de transfert en agriculture (CETAB+)
En collaboration avec Michel Morin, agronome au Centre d’études sur les coûts de production en agriculture