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Le producteur maraîcher cultive aujourd’hui des courges sur environ 220 acres (90 ha), en plus de faire pousser des choux et des grains sur 80 acres (32 ha). Photo : Gracieuseté de la Ferme Mathieu Lavoie

Le producteur maraîcher cultive aujourd’hui des courges sur environ 220 acres (90 ha), en plus de faire pousser des choux et des grains sur 80 acres (32 ha). Photo : Gracieuseté de la Ferme Mathieu Lavoie

Pas toujours besoin d’un diplôme pour se lancer en affaires

C’est avec pour seules armes un secondaire 3 et toute l’ambition du monde que Mathieu Lavoie a sollicité un prêt à 21 ans pour lancer son entreprise agricole. On lui a toutefois refusé l’argent puisqu’il n’avait pas d’endosseur. Son projet d’acheter une terre de 37 acres (15 ha) pour y démarrer une production maraîchère allait devoir attendre. Mais le jeune homme avait de l’ambition…

« Je tenais à devenir agriculteur », se souvient-il en relatant son histoire. Un an plus tard, il a fait cette fois une demande aux conseillers de Financement agricole Canada pour financer la même acquisition située à Saint-Alexis, dans Lanaudière. En quelques jours, l’entente était ficelée. « Avec eux, ça n’a pas niaisé », se souvient-il. Le financement en poche, le jeune producteur s’est tout de suite mis au travail.

300 acres en culture

Après avoir testé la production de quelques légumes, M. Lavoie s’est vite concentré sur celle des courges jusqu’à en faire sa spécialité. Il faut dire que le jeune homme ne partait pas de rien, ayant déjà travaillé dans la production de fleurs et de légumes de ses parents ainsi que dans les fermes de ses oncles et de ses voisins. À 33 ans, il cultive aujourd’hui un total de 300 acres (121 ha), consacrant 220 acres (90 ha) à la production exclusive de neuf variétés de courges. Environ 30 % de celles-ci prennent le chemin des États-Unis.

« Si on m’avait demandé au début de la vingtaine si je m’imaginerais être là où je suis aujourd’hui, j’aurais ri », lance-t-il. Selon lui, c’est le sérieux de sa mise en marché, mais aussi son travail acharné qui lui a permis de faire croître son entreprise d’année en année. M. Lavoie aimerait maintenant que son parcours inspire d’autres jeunes à se lancer en agriculture conventionnelle sur grande surface. « Il faut faire des heures de fou, mais on peut réussir », dit celui qui, parti de rien, dirige aujourd’hui une équipe de 15 employés.

Mathieu Lavoie. Photo : Gracieuseté de l’APMQ

Mathieu Lavoie. Photo : Gracieuseté de l’APMQ

Reconnaissance de l’APMQ

Le parcours hors de l’ordinaire de M. Lavoie a été souligné le 15 novembre à l’occasion du banquet de l’Association des producteurs maraîchers du Québec (APMQ) qui lui a remis le prix Relève horticole. Un honneur reçu comme « une belle tape dans le dos » par le principal intéressé.

L’APMQ a aussi profité de son banquet pour remettre son prix Moisson d’or à Stéphane Roy, des Serres Sagami/Savoura/Savoura Bio, à titre posthume. L’Association a souligné à cette occasion la « contribution exceptionnelle au développement du secteur horticole » de l’homme d’affaires.

Denys Van Winden a pour sa part remporté le prix Paul-Coulombe – Passion du maraîcher, remis lors de l’assemblée générale annuelle de l’APMQ une semaine plus tôt. Ce prix souligne la contribution du producteur à la vie associative du secteur maraîcher québécois.