fbpx

L’été chaud a rattrapé le printemps froid

Le printemps historiquement froid que nous avons connu pourrait laisser croire en un retard quant au nombre d’unités thermiques accumulées jusqu’à maintenant. Erreur!

À vrai dire, les données météorologiques montrent que dans la majorité des régions, le nombre d’unités thermiques associées à la culture du maïs se révèle… plus élevé que la moyenne! « Le mois de juin a été plus chaud que la moyenne dans l’ensemble du Québec, particulièrement dans l’est. En juillet, un phénomène inusité s’est produit. L’ouest du Québec, soit l’Abitibi et l’Outaouais, a enregistré une température moyenne sous la normale tandis que l’est a connu une température supérieure à la normale, avec, par exemple, 2 °C de plus pour Rimouski. Montréal et le centre du Québec ont été légèrement au-dessus des moyennes », explique René Héroux, météorologue chez Environnement Canada. Fait intéressant pour les agriculteurs, M. Héroux mentionne que les températures plus chaudes ont été enregistrées sans poussées prolongées de chaleur (30 °C et plus). C’est donc dire que les cultures ont, dans l’ensemble, bénéficié d’une température plus uniforme et qu’elles ont été moins stressées par les chaleurs extrêmes.

L’impact agronomique

Pour Gilles Tremblay, chercheur au Centre de recherche sur les grains (CÉROM), les conditions de croissance sont bonnes jusqu’à maintenant. « S’il y avait un déficit de température, on l’a rattrapé. Ça devrait compenser pour les producteurs qui ont connu des problèmes mineurs au printemps », indique-t-il. Évidemment, les journées chaudes ne règlent pas tout. Les cultures qui ont réellement souffert de mauvaises conditions d’ensemencement conserveront des lacunes. « Souvent, quand on a un problème grave au semis, on le traîne toute la saison. Ici, en Montérégie, on voit des ondulations importantes dans certains champs. Les producteurs sont rentrés trop vite », explique le chercheur, faisant référence aux semis effectués dès le 8 mai dans les sols lourds de la Montérégie, versus ceux qui ont été retardés au 12 ou 13 mai. « En semant un peu plus tard, certains producteurs ont profité de meilleures conditions, notamment d’un terrain égoutté plus uniformément », précise M. Tremblay.