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David Wees explique que contrairement à la pomme de terre, la patate douce se multiplie par bouturage des tiges. Une fois que les jeunes pousses ont été repiquées au champ, elles forment rapidement des racines. Crédit photo : Chloé Gendre

David Wees explique que contrairement à la pomme de terre, la patate douce se multiplie par bouturage des tiges. Une fois que les jeunes pousses ont été repiquées au champ, elles forment rapidement des racines. Crédit photo : Chloé Gendre

L’essor de la patate douce

C’est un fait : la patate douce est de plus en plus prisée des consommateurs québécois. La culture de cette plante tropicale peut-elle être rentable sous nos latitudes? « Oui, répond David Wees, chercheur et chargé de cours au Campus Macdonald. En 2011-2012, mes collègues et moi avons utilisé un paillis de plastique noir biodégradable pour réchauffer le sol et ainsi fournir à la patate douce la longue période de chaleur dont elle a besoin. Et nous avons obtenu de bons rendements, jusqu’à 28 tonnes par hectare. »

Un légume québécois en devenir?

Pour évaluer le potentiel de la culture de la patate douce au Québec, M. Wees et son équipe de recherche se sont donné comme mission d’identifier les variétés adaptées aux conditions climatiques québécoises, de dépister les ravageurs au moyen de pièges et de déterminer le meilleur espacement entre les plants de même que la date de récolte optimale. « C’est avec la Georgia Jet, une variété à chair jaune, que nous avons obtenu les meilleurs rendements. » Quelques variétés à chair orange – plus appréciées des consommateurs – semblent également prometteuses : la Beauregard, la Bellevue et l’Orléans. Cependant, les récoltes ont donné plusieurs tubercules difformes ou trop petits pour être commercialisés.

« Pour obtenir des résultats optimaux, nous avons établi la densité de plantation idéale à 30 cm sur 2 m. Nous avons aussi jugé préférable de récolter les tubercules à la fin de septembre pour ne pas les exposer au froid. À notre grand soulagement, il y a eu peu de ravageurs dans nos champs, ce qui fait de la patate douce une candidate intéressante pour la culture biologique. L’incidence des insectes et des maladies est encore beaucoup plus faible au Québec qu’aux États-Unis, mais les changements climatiques pourraient changer la donne », explique M. Wees. « Bien que la culture de la patate douce soit prometteuse au Québec, il faut réaliser que la récolte et la manutention post-récolte exigent toutefois beaucoup de main-d’œuvre », ajoute-t-il.

Très cultivée dans le monde

La Chine assure les trois quarts de la production mondiale de patates douces. Cette plante est aussi largement cultivée en Afrique, notamment en Tanzanie, au Nigéria et en Ouganda. Il s’agit d’un produit alimentaire de grande qualité puisque son tubercule constitue une source importante de vitamine A et que ses feuilles sont riches en fer et en calcium. Malheureusement, les pays africains produisent principalement des variétés à chair blanche moins riches en éléments nutritifs. En raison du climat chaud et humide, les champs africains sont vulnérables aux maladies et aux insectes comme le charançon de la patate douce. 

Un tubercule à tout faire

En Chine, la patate douce sert principalement à nourrir le bétail et à confectionner des pâtes alimentaires. Aux États-Unis, on la cultive plutôt comme légume de consommation. En plus d’en faire des frites – très à la mode dans les restaurants depuis quelques années – on l’incorpore dans les muffins, les scones, les gâteaux, les soupes, etc.

Marie-Claude Ouellet, Agence Science-Presse