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Pendant que certains producteurs bénéficient de leur main-d’œuvre étrangère, d’autres attendent toujours leur arrivée. Photo : Martin Primeau / TCN

Pendant que certains producteurs bénéficient de leur main-d’œuvre étrangère, d’autres attendent toujours leur arrivée. Photo : Martin Primeau / TCN

Les travailleurs étrangers se font attendre

On les avait prévenus qu’il y aurait du retard et ça se confirme sur le terrain. Un peu partout au Québec, des entreprises agricoles attendent encore l’arrivée de leurs travailleurs étrangers temporaires (TET) alors que s’amorce la saison des semis et récoltes.

Chez Vegkiss, une première cohorte d’une trentaine de travailleurs manque à l’appel. Le producteur de brocoli, de chou-fleur et de laitue attendait ses employés à la fin avril, mais aucun n’est encore arrivé. Au total, l’entreprise prévoit en accueillir 80 cet été. « On surveille l’état des dossiers chaque jour, confie Hélène Archambault, directrice principale aux ressources humaines du Groupe Connexion, l’entreprise mère de Vegkiss. On a vraiment hâte qu’ils arrivent! »

René Riopel, de la ferme Les Frères Riopel, se retrouve dans une situation similaire : 10 de ses 14 TET ne sont toujours pas au pays. « J’ai pour 100 000 $ d’asperges qui sortent dans les 10 prochains jours, dit-il. Ça me prend mes gars absolument! »

Dans un cas comme dans l’autre, on indique avoir dûment remis l’automne dernier les formulaires requis pour l’embauche de travailleurs mexicains et guatémaltèques. « C’est la première fois depuis que je suis en poste qu’on subit un retard, souligne Mme Archambault. Les délais sont rendus inimaginables. » Heureusement pour eux, la météo ralentit aussi la nature. « Une chance qu’il fait froid, dit M. Riopel. Ça nous donne un peu de temps pour trouver des solutions de rechange. »

Délais de traitement

Selon Fernando Borja, directeur général de la Fondation des entreprises en recrutement de main-d’œuvre agricole étrangère (FERME), un organisme qui assiste les employeurs agricoles dans l’embauche de TET, le retard de l’arrivée de ces derniers est occasionné par un afflux de demandes à traiter chez Emploi et Développement social Canada (EDSC), le ministère canadien responsable de vérifier chaque candidature. « Ça crée un goulot d’étranglement et ralentit l’émission des visas », dit-il.

De son côté, EDSC ne se cache pas du retard et a même publié un avis à cet effet le 10 mai dernier, faisant mention d’un délai de 36 jours, en moyenne, dans le traitement des dossiers qui touchent le monde agricole. Le ministère invite aussi les entreprises qui déposent une demande d’évaluation de l’impact du marché du travail de bien s’assurer que chaque dossier est dûment rempli pour accélérer le processus.