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Des cultures à sec témoignent de la sécheresse qui frappe l’Ouest canadien. Photo : Jeremy Welter

Des cultures à sec témoignent de la sécheresse qui frappe l’Ouest canadien. Photo : Jeremy Welter

Les producteurs de l’Ouest souffrent

Les agriculteurs de l’Ouest canadien sont aux prises avec une réelle sécheresse qui pourrait diminuer de moitié les rendements des cultures, tout en obligeant des éleveurs à vendre une portion de leur cheptel, faute d’eau pour les abreuver et les nourrir.

« Nous avons eu très peu de pluie et le couvert de neige avait été très faible. Les étangs et les ruisseaux sont à sec maintenant. Les pâturages sont desséchés. La situation de l’eau devient un grave problème », assure Todd Lewis, président de l’Association des producteurs agricoles de la Saskatchewan. Non seulement il manque d’herbe pour nourrir le bétail, mais il manque d’eau tout simplement pour les abreuver et avec l’évaporation qui s’accentue, les particules contenues dans l’eau se concentrent jusqu’à rendre certaines sources d’eau non potables pour les animaux. Face à la situation, des éleveurs ont commencé à se départir d’une partie de leur cheptel.

« C’est très dommage, car des gens ont mis des années pour bâtir leur troupeau et leur génétique. Sans compter que les femelles vendues ne donneront évidemment pas de veaux l’an prochain, ce qui aura une incidence à la baisse sur la production totale des fermes », prédit M. Lewis. L’achat de foin à l’extérieur augmente les coûts de production et cela entraînera la disparition de certaines fermes, surtout celles démarrées récemment par des jeunes qui possèdent moins de ressources financières, se désole-t-il. 

Déjà trop tard

En entrevue avec La Terre, Todd Lewis dit que la gravité de la sécheresse varie selon les secteurs, mais celle-ci grugera les revenus de l’ensemble des agriculteurs de la Saskatchewan, de l’Alberta et du Manitoba. Même s’il souhaite de la pluie, il indique qu’il est déjà trop tard pour plusieurs producteurs. Les cultures de blé, de canola et d’orge devraient présenter des baisses de rendement de l’ordre de 25 à 50 % et une diminution significative de qualité, selon les estimations de M. Lewis. « Cette sécheresse provoquera des conséquences négatives pour l’économie de la région qui va bien au-delà de l’agriculture », assure-t-il.