Les mille visages du bleuet sauvage

En 2011, on a récolté 68 866 069 livres de bleuets au Saguenay–Lac-Saint-Jean!

La Terre de chez nous vous propose tout l’été une série de reportages portant sur ces produits agricoles qui font la renommée des régions du Québec. Cette semaine, le bleuet du Lac-St-Jean est à l’honneur!

Avec la popularité croissante des antioxydants et des produits naturels, le bleuet sauvage continue de connaître du succès et demeure le produit phare au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Malgré la compétition du bleuet en corymbe, la consommation du bleuet sauvage continue de croître, et les transformateurs rivalisent d’originalité pour mettre de nouveaux produits sur le marché.

Plus de 95 % de la production est transformée, et le bleuet sauvage est exporté dans plus de 30 pays. « C’est difficile de connaître l’état des marchés à cette période de l’année, mais on sait qu’il y a une croissance de la consommation. Le bleuet sauvage est en compétition avec le bleuet en corymbe, mais il possède des spécificités intéressantes qui lui permettent de se démarquer sur les marchés », estime Gervais Laprise, directeur général du SPBQ.

Signe de l’importance du petit fruit au Saguenay–Lac-Saint-Jean, le créneau d’excellence Agriculture nordique axée sur le bleuet sauvage et la pomme de terre de semence a été créé en 2008 dans le cadre du programme ACCORD du ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation du Québec. En partenariat avec le SPBQ, le Centre de recherche industrielle du Québec et d’autres partenaires, le créneau cherche à mettre en valeur les anthocyanes présentes dans les bleuets.

« Les anthocyanes sont une classe d’antioxydants qui possède plusieurs propriétés pour traiter les maladies neurologiques, les maladies dégénératives du système nerveux et certains cancers et qui a aussi des qualités anti-inflammatoires », explique Isabelle Rivard, directrice du créneau Agriculture nordique qui vise, entre autres, à réaliser des projets de recherche et développement et à augmenter la transformation en région.

« Ces découvertes ouvrent de nouveaux débouchés à haute valeur ajoutée au bleuet dans le domaine du nutraceutique, le pendant alimentaire de la pharmaceutique », ajoute Mme Rivard. Le projet, qui en est à la phase 2, teste l’extraction des molécules les plus intéressantes dans le bleuet pour les combiner à d’autres aliments. Une phase ultérieure cherchera à tester la viabilité économique du produit. Le bleuet sauvage contient 25 % plus d’anthocyane que le bleuet en corymbe.

Des transformateurs créatifs

L’engouement pour les produits naturels se traduit aussi par un nombre grandissant de transformateurs. Après avoir commercialisé un jus de bleuet, l’entreprise Opti Bleu a lancé des bâtonnets glacés (style « Mr. Freeze ») 100 % faits de jus pressé de bleuets frais, le Bigg blue, qui a reçu une nomination de SIAL Canada comme étant un des dix produits tendances et innovations.

Au Domaine Le Cageot, de Jonquière, on mise sur les produits alcoolisés à base de bleuets. L’an dernier, Le Cageot a lancé le premier mousseux de bleuet au monde. « Le bleuet sauvage est un petit fruit extraordinaire, et les clients en demandent de plus en plus », témoigne le propriétaire Donald Tremblay, qui constate une augmentation du chiffre d’affaires d’environ 20 % annuellement. Les touristes peuvent également visiter le domaine pour voir comment on transforme le bleuet en alcool. Le Cageot offre aussi un apéro, le Bleu-du-Roi, à base de bleuet à 18 % d’alcool, et le Frambleu, un alliage de framboises et de bleuets.

À Dolbeau-Mistassini, même les Pères trappistes transforment le bleuet avec du chocolat. À Chicoutimi, Boréal médicinal Canada commercialise un puissant antioxydant liquide à base de bleuets. Sans compter les entreprises comme L’Orée des Bois, Délices du Lac-Saint-Jean et La Magie du Sous-Bois qui font des tartinades, gelées, sirops et coulis.

Le bleuet sauvage règne toujours!