Le retour des spéculateurs dans le grain

La déconfiture des prix du maïs en 2013 avait visiblement contribué à calmer l’intérêt des spéculateurs pour le marché des grains.

Mais voilà que la tendance haussière du soya et du maïs, conjuguée aux températures froides qui sévissent ce printemps, annonce le retour non pas du beau temps, mais des spéculateurs!

« Les fonds d’investissement continuent d’acheter des contrats à terme de maïs et de soya. Dans le maïs, ils auraient même augmenté leurs positions longues nettes de 20 000 contrats hier. La récente hausse des prix des grains vient donc en bonne partie de l’argent de Wall Street », commentait Ramzy Yelda, analyste principal des marchés à la Fédération des producteurs de cultures commerciales du Québec (FPCCQ). Or, les fonds d’investissement prennent présentement des positions dans le marché des grains alors que, étonnamment, plusieurs indicateurs pointent vers… une baisse des prix!

Le pari des fonds d’investissement…

« Les spéculateurs parient sur les retards des semis provoqués par les températures fraîches qui perdurent sur la partie nord du Midwest. Ils misent aussi sur les faibles stocks de réserve dans le soya américain et le manque de précipitations qui touche les états américains producteurs de blé. Ils prennent des positions, et les marchés montent… jusqu’à ce que tout ça vire de bord », analysait Ramzy Yelda, en entrevue à la Terre.

Les producteurs agricoles peuvent revêtir les mêmes lunettes roses que les spéculateurs et croire que le prix des grains continuera de s’apprécier – ce qui peut bel et bien se produire si les conditions météorologiques demeurent néfastes au bon déroulement des semis. Toutefois, certains spécialistes estiment que cette hausse pourrait ne constituer qu’un feu de paille; les températures peuvent se réchauffer rapidement et selon la saison de croissance, les récoltes 2014 pourraient être excellentes et alors faire fléchir les prix…