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Le biologique plus productif et payant?

Le secteur biologique serait en mesure de nourrir la planète si on en croit des résultats de recherche menés pendant plus de dix ans.

Selon des comparaisons effectuées par l’Université de l’Iowa, les grandes cultures biologiques donnent un rendement égal ou supérieur à leur équivalent en régie qui utilise les produits de synthèse. La culture biologique peut également être plus rentable.

La Long-Term Agroecological Experiment (LTAR) a permis de comparer pendant 13 ans des cultivars identiques dans une régie conventionnelle en rotation maïs-soya avec trois rotations différentes en régie biologique. Le dispositif comprenait 44 parcelles et permettait de répéter chaque régie en quatre exemplaires. On a utilisé une rotation bio de trois ans (maïs-soya et avoine/luzerne), une autre de quatre ans (maïs-soya-avoine/luzerne-luzerne) et une de deux ans (soya-blé/trèfle rouge).

La régie conventionnelle a été fertilisée avec de l’azote synthétique et traitée avec des herbicides et des pesticides en fonction des recommandations de l’Université. Les parcelles biologiques ont reçu, elles, du compost de fumier et de tiges de maïs. Le contrôle des mauvaises herbes dans le maïs et le soya bio a été réalisé par deux passages de sarcleur rotatif et deux passages de cultivateurs par année. Une bande de 30 pieds séparait les deux types de cultures.

Pour le maïs, la rotation bio de quatre ans donne des rendements très proches de son concurrent, mais la différence n’est jamais de plus d’une dizaine de boisseaux à l’acre, peu importe la rotation. Il s’agit d’une comparaison avec la moyenne nationale américaine 1998-2010. Le rendement en soya biologique est supérieur, sauf pour la rotation de deux ans. La production d’avoine bio dans les rotations de trois et quatre ans donne également des résultats nettement supérieurs à la moyenne nationale.

Le bio est beaucoup plus payant

Plus intéressant encore, le LTAR démontre qu’un bénéfice d’au moins 200 $ de plus par acre est obtenu avec la culture biologique. La comparaison a été effectuée de 2006 à 2010 et est encore plus avantageuse si on utilise la rotation de quatre ans. Dans ce dernier cas, le bénéfice (revenu de marché moins les coûts de production en incluant la main-d’œuvre) pour une culture de maïs est de plus de 500 $ par acre contre à peine plus de 100 $ dans le conventionnel. Pour le soya, le bénéfice est de moins de 50 $ l’acre en conventionnel, contre plus de 300 $ en biologique. Pour la moyenne des quatre ans de la rotation, le profit brut est de près de 300 $ l’acre contre moins de 100 $ en moyenne dans le conventionnel. Autrement dit, la rotation bio est trois fois plus payante, même en tenant compte des années moins lucratives.