Le déluge et la grêle du 4 août vont entraîner des pertes que VegPro évalue à un montant oscillant entre 7 et 10 M$ pour son entreprise seulement. Crédit photo : Myriam Laplante El-Haïli/Archives TCN

Le déluge et la grêle du 4 août vont entraîner des pertes que VegPro évalue à un montant oscillant entre 7 et 10 M$ pour son entreprise seulement. Crédit photo : Myriam Laplante El-Haïli/Archives TCN

L’assurance récolte décriée par les maraîchers

Le déluge et la grêle du 4 août dernier sur la région de Sherrington et de Napierville font ressortir des lacunes importantes dans le régime d’assurance récolte du point de vue des maraîchers.

« Le programme ne couvre pas certains des éléments qui seraient pertinents pour nous », estime Gerry Van Winden, cofondateur de VegPro International, basé à Sherrington. Ce dernier estime que son entreprise a perdu de 7 à 10 M$ en raison des pluies exceptionnelles de cette année, qui ont dépassé 200 mm par endroits. VegPro doit en effet remplacer les cultures détruites pour ne pas perdre ses contrats avec les distributeurs.

Gerry Van Winden a récemment rencontré le PDG de La Financière agricole du Québec (FADQ), Ernest Desrosiers, et espère que celui-ci manifestera une ouverture à des modifications du programme.

« Ça fait trois ans qu’on se bat contre la FADQ », soutient Benoît Désilets, directeur adjoint de l’Association des producteurs maraîchers du Québec (APMQ). Il explique que, depuis 2012, l’assurance récolte prévoit, pour son secteur de production, des « franchises supplémentaires en superficie » basées sur les pertes historiques. Outre ces franchises, seulement 80 % de la valeur est couverte au départ (comme dans plusieurs productions).

Gerry Van Winden reproche à la FADQ de ne pas avoir actualisé les coûts de production depuis 12 ans dans certaines cultures. Le maraîcher dénonce aussi la fin de la possibilité de couvrir des risques circonscrits. Il existe deux volets : multirisque et grêle. « Il y a un désistement important des producteurs dans le volet multirisque », indique Benoît Désilets.  

 « C’est presque rendu un régime catastrophe », estime Jean-Bernard Van Winden, producteur de la Ferme Hotte & Van Winden, une des plus affectées par le récent déluge. Selon lui, c’est une « chance » que de la grêle soit tombée, puisque plusieurs producteurs sont assurés contre la grêle seulement. Jean-Bernard Van Winden ajoute que les dommages du déluge de cette année ont été aggravés par l’engorgement croissant de la rivière L’Acadie, ce qui ralentit le retrait du surplus d’eau.

Programme spécial pour 2017?

Pour la catastrophe de cette année, l’APMQ travaille à convaincre la FADQ et Agriculture Canada de mettre sur pied un programme Agri-relance visant à couvrir les frais de remise en production, incluant la location de terres ou le paiement de travailleurs attendant de pouvoir revenir dans les champs.

À la demande du ministre, la Financière évalue quant à elle les possibilités relatives aux « pertes qui ne sont pas couvertes par les programmes existants ». La FADQ affirme que les producteurs peuvent compter sur les programmes en place (Agri-stabilité, Agri-Québec Plus, Agri-investissement et Agri-Québec). Des avances provisoires d’Agri-stabilité peuvent notamment être demandées.

Encadré : La FADQ défend son programme maraîcher

La Financière agricole du Québec ne semble pas voir de gros problèmes dans l’application de l’assurance récolte au secteur maraîcher.

L’assureur rappelle que 75 % des superficies de pommes de terre et de légumes en champs sont couvertes. La FADQ ajoute que l’assurance récolte pour le secteur maraîcher verse 2,8 M$ aux producteurs en moyenne depuis cinq ans, ce qui représente un taux moyen de perte de 3,6 %, contre 1,8 % pour tous les secteurs. Le montant versé en 2011 et dans les années précédentes était de l’ordre de 10 M$.