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Les deux candidats à la présidence de l’Ordre des agronomes du Québec, Louis Robert et Michel Duval, s’engagent tous deux à valoriser le rôle des agronomes dans la société. Crédit photo : Archives/TCN

Les deux candidats à la présidence de l’Ordre des agronomes du Québec, Louis Robert et Michel Duval, s’engagent tous deux à valoriser le rôle des agronomes dans la société. Crédit photo : Archives/TCN

L’agronome lié, au cœur des débats pour la présidence

La course à la présidence de l’Ordre des agronomes du Québec promet d’être corsée cette année. Si Louis Robert souhaite mettre fin à l’association d’agronomes avec les entreprises du secteur, Michel Duval préconise plutôt une collaboration avec les agronomes liés à l’industrie pour modifier certaines pratiques qui ont actuellement cours. L’issue du scrutin sera annoncée le 9 mai.

Michel Duval

Le président sortant, n’a pas les mêmes visées que son opposant Louis Robert. C’est en concertation avec ses membres, les intervenants du secteur et les représentants de l’industrie qu’il poursuivra dans un second mandat le travail amorcé sur l’indépendance professionnelle des agronomes. « Le but, ce n’est pas de faire un choc des idées, mais de discuter ensemble pour trouver des solutions et faire avancer le dossier pour qu’on puisse retrouver la pleine autonomie des agronomes, peu importe leur secteur d’emploi », a indiqué M. Duval à La Terre.

Un colloque qui portait sur l’indépendance des agronomes avait été organisé en 2006, mais aucun suivi n’avait été alors effectué, selon lui. Au cours de son prochain mandat, l’homme aimerait de nouveau mettre sur pied un tel événement. Après tout, l’influence sur le travail d’un professionnel par un tiers peut survenir avec n’importe quel employeur, soutient M. Duval.

« Le but, c’est de faire progresser les façons de faire pour offrir un milieu de travail intéressant aux producteurs afin que les agronomes qui vont œuvrer avec eux, même s’ils [sont à l’emploi d’une compagnie], soient capables de faire une recommandation en fonction de la situation à la ferme », indique M. Duval.

L’actuel président souhaite également moderniser la Loi sur les agronomes et, pour assurer une meilleure protection du public, apporter des modifications au code de déontologie. Cependant, la formation continue, l’agronomie dans les débats publics, l’expertise des agronomes et l’approche multidisciplinaire resteront des thèmes prioritaires de son plan d’action.

Louis Robert

« Une de mes priorités, c’est de faire en sorte qu’un agronome qui émet des recommandations, que ce soit pour de la fertilisation ou des prescriptions de pesticides, ne soit pas à l’emploi d’une compagnie », a confié Louis Robert lors de sa première sortie publique depuis son congédiement du ministère de l’Agriculture du Québec en janvier, pour avoir dénoncé l’ingérence de l’industrie dans la recherche sur les pesticides.

Selon lui, la position actuelle de l’Ordre est un « obstacle » pour les agronomes, et il s’engage à valoriser les services-conseils indépendants, qui ne se « développeront que s’ils sont offerts, reconnus et rétribués à leur juste valeur comme des services agronomiques professionnels à part entière », a-t-il indiqué dans sa déclaration de candidature. Il assure cependant vouloir représenter « tous les agronomes avec la même intensité et motivation, pas uniquement dans les dossiers momentanément d’actualité ou dans les seuls dossiers relevant de [ses] champs de compétences agronomiques ».

S’il est élu, Louis Robert promet tout au long de son mandat de protéger l’intérêt public, mais plus concrètement, de poursuivre le travail entamé dans les dossiers de bien-être animal, d’améliorer la relation avec les technologues, de définir les actes agronomiques en financement et en gestion agricoles et de veiller à la mise à jour de la Loi sur les agronomes.