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La vie en rose

Les Serres Stéphane Bertrand, à Mirabel, sont la plus importante entreprise de tomates roses de la province.

Sous un ciel nébuleux, dans les vastes serres aux effluves humides, la famille Bertrand s’affaire entre les plants de tomates roses. Debout dans l’allée principale, le propriétaire n’est pas peu fier de son entreprise qui fait florès dans l’industrie de la tomate au Québec.

Grâce à des investissements majeurs en 2007 et en 2010, elle a pris le 167e rang au palmarès PROFIT 200, qui classe les entreprises canadiennes ayant la plus forte expansion. Avec des revenus annuels dépassant 2,5 M$ et un taux de croissance des revenus de 263 % en 2011, c’est aussi la seule entreprise agricole qui figure au classement. « Depuis plus de 20 ans, on cherche à se faire connaître. PROFIT 200 nous a apporté une plus grande renommée », estime le directeur de la commercialisation, Sylvain Miron.

Fort de cette reconnaissance, Stéphane Bertrand prévoit d’ailleurs investir 12 M$ pour doubler sa superficie de production. D’ici à juillet 2013, le propriétaire ajoutera ainsi 22 000 mètres carrés de serres en verre, une technologie hollandaise.

Selon le chef des cultures, André Riopel, les serres en verre sont plus performantes que celles en polythène. En y combinant lumière naturelle et lumière artificielle, son équipe pourra même produire des tomates roses d’hiver. « Il y a beaucoup de compétition internationale à cause du Mexique. Lorsqu’on quitte les tablettes des épiceries de la mi-décembre à la fin de février, on laisse toute la place aux concurrents étrangers, note M. Bertrand. Voilà pourquoi il faut produire toute l’année si on veut se démarquer. »
Pour se distinguer davantage, le propriétaire mise sur la qualité de son produit. « On est très reconnus pour le goût de nos tomates », se réjouit-il.

Vers un produit vert

Stéphane Bertrand a donné le feu vert à une production écoresponsable il y a plus de dix ans. En plus de son système de chauffage à la biomasse, il fait de la lutte intégrée. « On introduit, par exemple, des guêpes parasitoïdes pour lutter contre l’aleurode, explique André Riopel. C’est ce qui fait qu’on n’utilise pratiquement pas de pesticides chimiques en un an, contrairement aux produits mexicains. »

Dans les nouvelles serres en verre, l’eau d’arrosage peut être réutilisée jusqu’à trois fois, et des toiles thermiques amovibles récupèrent les pertes de chaleur. « On essaie d’être verts par tous les moyens possibles pour offrir un produit de qualité aux consommateurs », précise M. Riopel.

La production est orientée à 80% vers la tomate rose. L’entreprise produit aussi des tomates cerises, en grappe, de même que des tomates rouges. Toutes les variétés sont vendues dans les grandes chaînes à travers le Québec et les épiceries fines des Laurentides. « On ne sait pas encore ce qu’on produira de nouveau dans les serres en verre, reconnaît cependant M. Miron. On fait présentement des tests sur des variétés de tomates et des piments. »