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La sécheresse plombe la première coupe

Si à pareille date l’an passé, la première coupe de foin était terminée presque partout au Québec, le déficit hydrique des dernières semaines a retardé les travaux aux champs pour plusieurs. Cinq agriculteurs de différentes régions de la province ont accepté de partager les résultats obtenus en date du 25 juin. La Terre les suivra tout au long de la saison de la récolte des plantes fourragères.


Daniel Lajoie, Élevage du petit veau, Bas-Saint-Laurent

Avec la sécheresse des dernières semaines, Daniel Lajoie a joué de prudence, lui qui venait tout juste de commencer sa première coupe le 25 juin. « À pareille date [habituellement], j’ai presque fini, mais je vais attendre après la pluie des prochains jours pour avoir un regain et aller chercher du volume », explique cet éleveur de veaux d’embouche et de veaux lourds de Sainte-Hélène-de-Kamouraska. Malgré tout, il s’attend à des rendements de 30 à 40% inférieurs à la normale pour la première coupe. « Les implantations de cette année vont souffrir beaucoup du manque d’humidité », observe-t-il.


Benoît Larochelle, Ferme Larard, Abitibi-Témiscamingue

À Saint-Félix-de-Dalquier, la première coupe du producteur laitier Benoît Larochelle a commencé le 15 juin.
« On a fait seulement 20 % de notre ensilage. Le foin est fourni et de bonne qualité, mais peu volumineux, explique-t-il. On est en bas d’une balle ronde et demie à l’acre, comparativement à deux ou trois balles à l’acre à la première coupe. Le foin a bien décollé début mai, puis après la fête des Mères, on a eu deux semaines de froid qui a retardé la croissance. Maintenant, on attend que les pluies cessent pour récolter ce qui reste. »


Mélissa Sylvestre, Ferme M & A Scobble, Montérégie

« Nous avons tout coupé le 4 juin et ensilé le 5 juin parce qu’on a priorisé la qualité plutôt que la quantité », affirme Mélissa Sylvestre qui cultive avec son mari Andrew Scobble 25 acres de foin et 25 acres de maïs ensilage pour leurs vaches Ayrshire. « En général, on obtient un rendement de 8 à 10 boîtes d’ensilage, mais on n’en a eu que trois, puisque la luzerne semée depuis deux ans n’a donné que de piètres résultats. » Le 8 juin, le couple d’Howick a décidé de semer du sorgho qui n’avait toujours pas germé, faute de précipitations. Ils  espèrent pouvoir se rendre à trois coupes grâce à cette plante.


Philippe Doyon, Ferme Docovolait, Centre-du-Québec

« L’ensilage des vaches a été fait début juin. En général, on produit de 3,5 à 4 tonnes de matière sèche à la première coupe. Je m’attends plutôt à 2,5 tonnes cette année », indique Philippe Doyon, producteur de lait et de foin de commerce à Wickham.
Il précise qu’environ 10 % de ses parcelles de luzerne ont été affectées par le gel printanier et ont nécessité un sursemis. En contrepartie, la coupe de foin de commerce qui a commencé le 24 juin s’annonce bonne dans son ensemble. « On est en semis direct depuis 1993 et on applique des biostimulants dans nos cultures. Les plantes résistent mieux au stress hydrique. »


Daniel Houle, Ferme Vincennes,  Mauricie

« D’habitude, ma première coupe est déjà complétée à la Saint-Jean. Là, je n’en suis qu’à la moitié, confie Daniel Houle, un producteur de foin de commerce de Saint-Luc-de-Vincennes. J’ai attendu un peu pour laisser étirer le foin. Il aura un peu moins de qualité, mais étant donné les circonstances, il faut quand même faucher. » Le rendement s’annonce aussi insatisfaisant : trois grosses balles rondes à l’acre, soit 40 % sous la moyenne. « Même si j’ai mis le paquet dans la fertilisation, je n’ai jamais vu des précipitations aussi faibles en 32 ans d’agriculture. On se croise les doigts pour la deuxième coupe. »