fbpx
La récolte de canneberges comptabilisée par l’APCQ a atteint 220 130 823 livres au Québec en 2021, soit une diminution de 4,6 % par rapport à 2020. Photos : Gracieuseté de Pascal Gosselin

La récolte de canneberges comptabilisée par l’APCQ a atteint 220 130 823 livres au Québec en 2021, soit une diminution de 4,6 % par rapport à 2020. Photos : Gracieuseté de Pascal Gosselin

La récolte de canneberges moins prometteuse que prévu

Les volumes de canneberges récoltés en 2021 ont été de 4,6 % inférieurs à ceux de l’an dernier, ce qui surprend l’Association des producteurs de canneberges du Québec (APCQ). Sa directrice générale, Monique Thomas, spécifie que les superficies totales en culture conventionnelle cette année étaient pourtant de 15 % supérieures à 2020.

Olivier Pilotte, qui cultive 85 hectares de canneberges sous régie biologique, rapporte avoir eu des problèmes de tordeuse cette année. Photo : Gracieuseté d’Olivier Pilotte

Olivier Pilotte, qui cultive 85 hectares de canneberges sous régie biologique, rapporte avoir eu des problèmes de tordeuse cette année. Photo : Gracieuseté d’Olivier Pilotte

« On s’attendait à plus parce que la superficie cultivée est plus grande », admet-elle. Concrètement, la récolte totale a atteint 220 130 823 livres, soit une diminution de 10 559 760 livres de fruits par rapport à 2020.

Comme les données viennent tout juste d’être compilées, il est difficile pour l’instant d’établir clairement tous les facteurs expliquant cette baisse de rendement. « On sait que des épisodes de grêle ont nui à des cannebergières [au Saguenay‒Lac-Saint-Jean et dans le Centre-du-Québec] », indique Mme Thomas à titre d’exemple, ajoutant que les gels printaniers ont possiblement affecté les récoltes également.

Recul de la culture biologique

Selon les données compilées par l’APCQ, plusieurs cannebergières qui avaient fait le saut vers la régie biologique sont revenues au mode conventionnel en 2021. Environ 31 % de la superficie de culture totale est maintenant biologique, alors que la proportion s’élevait plutôt à 38 % l’an dernier. Selon Monique Thomas, la lutte contre les ravageurs est l’un des facteurs qui donnent du fil à retordre aux producteurs.

Olivier Pilotte, qui cultive 85 hectares de canneberges bio à Notre-Dame-de-Lourdes, dans le Centre-du-Québec, rapporte notamment avoir eu des problèmes de tordeuse cette année. « On n’a pas eu le choix d’inonder [la production] deux fois [pour tuer les insectes] avant la floraison. Après la première inondation, la population d’insectes était encore grande », explique le producteur, spécifiant que la deuxième inondation s’est faite à un stade avancé de la plante, ce qui a engendré des dommages.

Il évalue son rendement cette année à 14 200 livres/acre, alors que l’an dernier, il se situait à 19 000 livres/acre. « La chaleur au printemps a fait en sorte que la croissance de la plante a été plus rapide que celle des insectes », ajoute le producteur, qui précise que lorsque le stade de croissance de l’insecte n’est pas assez avancé lors de l’inondation, le ravageur a plus de chance de survivre. 


50 % de sa production perdue

Producteur de Villeroy dans le Centre-du-Québec, Pascal Gosselin fait partie des malchanceux qui ont subi d’importantes pertes de canneberges, notamment en raison d’un épisode de grêle en juillet qui a endommagé ses fruits. « J’ai eu environ 50 % de pertes. Mon acheteur m’a dit : “Ça arrive toujours à une ferme. Cette année, c’était toi’’ », témoigne-t-il.

À Drummondville, Jean Olsthoorn estime sa baisse de rendement à 30 % par rapport aux dernières années, attribuant en partie le phénomène au printemps « variable ». Il spécifie néanmoins que ses récoltes des dernières saisons avaient été très abondantes. « On a eu un début de printemps hâtif, à la fin mars. La glace [qui protège la production] a fondu plus tôt. […] Après, on a eu des gels en avril et mai. […] C’était difficile de protéger les plantes », indique-t-il.

Quant à Evens Landreville-Nadeau, qui a des cannebergières à Sainte-Mélanie, à Sainte-Émélie-de-l’Énergie et à Mandeville dans Lanaudière, il évalue que sa récolte de 2021 a été bonne, malgré quelques dommages. « Des plants ont manqué d’oxygène durant l’hiver, ce qui fait que des bourgeons ont séché à l’automne. […] On a aussi eu un peu de dommages avec les gels printaniers », raconte-t-il.

Leur meilleure récolte

Une productrice de canneberges de Saint-Louis-de-Blandford, Nancy Goudreau, assure avoir eu en 2021 « les plus belles récoltes de l’histoire de l’entreprise ». Une série de facteurs, selon elle, ont conduit à ce résultat, à commencer par les efforts de l’équipe en temps opportun et des travailleurs qui sont arrivés à temps. La ferme, par ailleurs, est bien équipée pour irriguer au bon moment, dit-elle.

La famille de Nancy Goudreau assure avoir eu sa meilleure récolte de canneberges à vie en 2021. Photo : Gracieuseté de Nancy Goudreau

La famille de Nancy Goudreau assure avoir eu sa meilleure récolte de canneberges à vie en 2021. Photo : Gracieuseté de Nancy Goudreau