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David Miville aux côtés de l’amarante tuberculée, facilement repérable parmi le soya grâce à sa hauteur. Photo : Gracieuseté du MAPAQ

David Miville aux côtés de l’amarante tuberculée, facilement repérable parmi le soya grâce à sa hauteur. Photo : Gracieuseté du MAPAQ

La menace de l’amarante turberculée

La situation des mauvaises herbes résistantes aux pesticides est stable dans l’ensemble au Québec, sauf pour l’amarante tuberculée, dont les signalements ont encore augmenté, précise le spécialiste David Miville.

Malherbologiste au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), David Miville n’a pas reçu plus de mauvaises herbes susceptibles d’être résistantes aux pesticides cette année que les autres années. Il dit que la petite herbe à poux représente 40 % des cas de résistance dans les échantillons qu’il reçoit, mais cette plante ne l’inquiète pas tant, puisque d’autres solutions existent, comme des méthodes de désherbage mécanique qui procurent de bons résultats. Le malherbologiste change de ton lorsqu’il est question de l’amarante tuberculée, alors que 13 nouveaux sites ont été trouvés cette année, lesquels s’ajoutent aux 29 autres déjà répertoriés dans le Centre-du-Québec, dans Chaudière-Appalaches, en Montérégie et dans les Laurentides. « L’amarante tuberculée est extrêmement agressive. C’est la plus agressive. Sa biologie est également différente : elle va germer très tard, après les travaux de sol et les traitements d’herbicide. Et ensuite, elle va germer tout le long de la saison. Passé 10 cm de hauteur, elle devient très difficile à traiter avec les herbicides, car elle développe rapidement des résistances, même au glyphosate », dépeint-il.

L’amarante tuberculée arrive au Québec par de la machinerie provenant de chez l’Oncle Sam, comme des moissonneuses-batteuses mal nettoyées, donne-t-il en exemple. « Un seul plant femelle peut produire jusqu’à un million de semences. À l’automne, c’est d’arracher tout ce qu’on trouve, même si on se dit qu’il n’y en a pas beaucoup, car il y en aura beaucoup », prévient David Miville.

Il souligne que cette plante peut faire près de deux mètres de hauteur, la rendant facilement repérable à travers les cultures de soya. Pour accroître le facteur de complexité, l’amarante tuberculée ressemble aux autres amarantes qui ne sont pas toutes problématiques. Le MAPAQ a mis en place un plan d’intervention intégrant de l’aide financière et agronomique pour s’attaquer à cette mauvaise herbe qui n’est pas une plante à déclaration obligatoire comme l’ériochloé velue. Pour plus d’informations, les producteurs peuvent contacter le Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection au 418 643-5027 poste 2700. 

Présence stable des ravageurs

La coordonnatrice du Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP), Marianne St-Laurent, ne constate pas, globalement, plus de ravageurs des cultures cette année comparativement aux autres années. Elle fait remarquer que le début de saison a été plus difficile en raison du temps sec qui a contrecarré l’efficacité des applications de pesticides.

Les maladies et les insectes varient selon la température, spécifie-t-elle, certains préférant l’humidité et d’autres, le temps sec. Mme St-Laurent donne l’exemple du puceron du soya, qui a connu un accroissement de sa population lors de la période sèche de l’été.

Chez les maraîchers, elle mentionne une présence accrue du perceur de la courge, sans causer trop de dommage. Dans la framboise, le ravageur au nom imprononçable de Hartigia trimaculata entraîne de plus en plus de pertes. La larve se loge dans la tige, ce qui finit par la faire fléchir et mourir. La population de mouches du bleuet aussi est en hausse. Sa larve se retrouve dans les fruits.

Selon les informations de Mme St-Laurent, les restrictions d’utilisation des néonicotinoïdes n’ont pas eu pour effet de faire croître les populations de vers fil-de-fer.