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Nicolas Plante est l’un des étudiants qui participent au projet de recherche. Cet été, il est allé capturer des cicadelles dans des fermes du Québec pour mieux les analyser. Photo : Gracieuseté

Nicolas Plante est l’un des étudiants qui participent au projet de recherche. Cet été, il est allé capturer des cicadelles dans des fermes du Québec pour mieux les analyser. Photo : Gracieuseté

La cicadelle, un nouveau parasite qui menace les cultures de fraises

Un projet de recherche d’étudiants de l’Université Laval, en collaboration avec des fermes du Québec, vise à identifier et à mieux comprendre de nouveaux parasites, les cicadelles, qui menacent les cultures de fraises partout dans le monde, et qui, avec les changements climatiques, seraient de plus en plus nombreuses au Québec. 

« Les cicadelles transportent des bactéries, qui elles, sont vectrices de la maladie [du pétale vert, qui affecte les rendements de fraises] », résume le professeur adjoint au département de phytologie de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation de l’Université Laval, Edel Pérez Lopez. Ce dernier dirige le projet auquel participent quatre étudiants. Lorsque des plants sont infectés par le pétale vert, explique le chercheur, ils perdent en productivité et les fleurs deviennent vertes. Or, certaines espèces de cicadelles sont des agents de propagation de la maladie. Le projet exploratoire du groupe de recherche, qui en est à sa deuxième année de travaux, vise à identifier les espèces de cicadelles présentes au Québec, l’ampleur des problèmes qu’elles peuvent engendrer, et lesquelles sont porteuses de bactéries et de maladies.

« On capture des cicadelles [dans des fermes] pour faire des analyses. […] On a trouvé, par exemple, une bonne corrélation entre la température et les cicadelles. Quand il fait chaud, il y en a plus », poursuit le professeur. Il émet l’hypothèse que ces insectes qui aiment la chaleur pourraient éventuellement devenir une unité de mesure des changements climatiques. On peut d’ailleurs présumer que les cicadelles apparaissent depuis peu dans des endroits comme le Québec en raison du réchauffement planétaire. 

Déjà étudié au Mexique

M. Pérez Lopez avait déjà étudié les bactéries transmises par les cicadelles dans des cultures de maïs au Mexique, avant de ­s’intéresser à la fraise.

« Quand je suis arrivé à l’Université Laval en 2020, j’avais [une collègue] qui travaillait à l’amélioration des fraises et qui m’a dit qu’on avait trouvé beaucoup de cicadelles à l’été 2019 dans les champs de fraises du Québec. […] Moi, j’avais déjà étudié ça un peu au Mexique. C’est pour ça que j’ai pensé développer le projet d’étude sur la diversité de cicadelles ici. »

Reconnaissant que les dommages liés à la maladie du pétale vert, propagée par les cicadelles, ne sont pas encore considérables dans les productions de fraises du Québec, le chercheur croit qu’il est important de s’intéresser à cet enjeu avant que les problèmes surviennent et pour mieux diriger l’utilisation des pesticides.

« On veut identifier les meilleurs moments pour appliquer les pesticides pour en réduire l’utilisation tout en aidant les producteurs à traiter les maladies », conclut-il.


Cet article a été publié dans notre cahier spécial Fruits et légumes du Québec, paru dans La Terre de chez nous du 9 novembre 2022.